Pénuries de carburant dans toute la France

La France fait face à une grave crise du carburant : 595 stations-service sont totalement à sec et 16,3 % du réseau national connaît des ruptures partielles. Ces pénuries pèsent directement sur le pouvoir d'achat des ménages, le prix du gazole ayant atteint 2,36 euros le litre, un record depuis l'été.

La hausse des prix du carburant pèse sur les budgets

Les prix des carburants atteignent des niveaux sans précédent : le prix moyen du gazole est passé à 2,364 euros le litre, soit une hausse de 2 centimes en une semaine. Pour un ménage parcourant 1 000 kilomètres par mois, cela représente une dépense supplémentaire de 30 à 40 euros par mois. L'inflation locale du carburant a dépassé 8 % en un an, soit trois fois le taux d'inflation général.

Le voyage et le tourisme en recul

L'impact économique se traduit par une évolution des comportements de consommation : les demandes de réservations de vacances pour la Toussaint 2026 ont baissé de 12,5 % par rapport à 2025. Les ménages limitent leurs déplacements, privilégient les destinations proches ou annulent leurs projets. Le secteur touristique régional accuse déjà une baisse de 8 % de sa fréquentation, avec des pertes de recettes estimées entre 15 et 20 millions d'euros.

Les disparités régionales aggravent les inégalités

Les écarts géographiques accentuent les inégalités économiques : la région Grand Est subit les pénuries les plus fortes, avec 23,6 % à 30,9 % des stations touchées. Dans le Bas-Rhin, le gazole atteint 2,482 euros le litre, le prix le plus élevé de France. À l'inverse, la Corse n'est pas touchée, aucune station n'y connaissant de rupture.

TotalEnergies au cœur des pénuries

Les données révèlent que les stations TotalEnergies représentent 87 % des ruptures, avec 1 367 stations sur les 2 176 suivies par l'entreprise rencontrant des difficultés. Ce déséquilibre soulève des questions sur les stratégies d'approvisionnement de l'entreprise. Bien que les prix aient été plafonnés en juillet 2026, les pénuries persistent.

Une mobilisation annoncée risque d'aggraver l'approvisionnement

Le climat économique pourrait se dégrader avec la mobilisation sociale prévue le 5 novembre. Cinq syndicats et des collectifs de Gilets jaunes doivent se mobiliser, avec le risque de paralyser l'approvisionnement. Les économistes estiment qu'un blocage de cinq jours pourrait réduire la consommation nationale de 800 millions d'euros.

Des prix du carburant qui devraient rester élevés

Mauvaise nouvelle : le prix du carburant devrait rester très élevé dans les prochains mois. Les Français sont toujours pris de court par le prix des carburants, qui continue de dépasser le seuil de 2,25 euros le litre, qu'il s'agisse de l'essence ou du gazole. Le gouvernement n'a pas pris de mesures significatives pour alléger la facture à la pompe.

Des facteurs mondiaux maintiennent les prix élevés

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit que le marché des carburants restera sous tension jusqu'à la fin de 2026, la situation pouvant se prolonger jusqu'au début de 2027. Cela s'explique par les difficultés d'approvisionnement qui touchent actuellement le marché pétrolier, notamment un déficit de production accumulé depuis le début de l'année.

Le rôle de la Russie dans la crise

La Russie fait elle aussi face à des difficultés, en particulier avec des attaques régulières visant ses installations de raffinage. Ces attaques affectent directement la capacité de production de carburants, notamment celle du gazole. Une escalade du conflit entre l'Ukraine et la Russie menacerait particulièrement le marché.

L'hiver et les réserves accentuent la pression

L'approche de l'hiver va également accroître la demande de pétrole, alors que, selon les perspectives de l'AIE, les réserves de carburant sont déjà à des niveaux particulièrement bas. Le gouvernement français a décidé de libérer 10 millions de barils de pétrole issus des réserves stratégiques nationales, mais rien ne garantit que cela suffira.