Une analyse menée aux États-Unis révèle que l’augmentation apparente de la mortalité chez les fumeurs au fil des décennies s’explique largement par le vieillissement de la population fumeuse. Les taux de tabagisme ont diminué chez les jeunes, et les fumeurs sont en moyenne plus âgés qu’il y a plusieurs décennies, ce qui entraîne des taux de mortalité plus élevés, ceux-ci augmentant avec l’âge. Ces résultats ne remettent pas en cause les risques sanitaires liés au tabagisme. Malgré les efforts de prévention et de sensibilisation, le tabac reste l’une des principales causes de mortalité évitable dans le monde.
Ces dernières années, des inquiétudes ont été soulevées quant à l’augmentation apparente de l’association entre tabagisme et mortalité au cours des dernières décennies. Des études à grande échelle, comme les Cancer Prevention Studies aux États-Unis ou l’Étude des médecins britanniques au Royaume-Uni, ont montré qu’au XXe siècle, cette association s’est significativement renforcée. Des données plus récentes aux États-Unis suggèrent que des tendances similaires se sont poursuivies entre les années 1980 et 2006. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer cette hausse, notamment une intensification du tabagisme. Une autre piste évoque un possible durcissement des effets nocifs du tabac en raison de modifications de la composition chimique de la fumée de cigarette. Certains chercheurs suggèrent également que les caractéristiques physiologiques des fumeurs pourraient avoir évolué au fil du temps. Les fumeurs pourraient aussi être de plus en plus nombreux à vivre dans des zones exposées à d’autres risques pour la santé ou à adopter d’autres comportements nuisibles.
Par ailleurs, des rapports indiquent que les inégalités socio-économiques en matière de tabagisme se sont creusées : les personnes sans diplôme d’études secondaires représentent une part croissante des fumeurs. Ces hypothèses laissent penser que, en plus des différences physiologiques et chimiques potentielles, l’augmentation de l’association entre tabagisme et mortalité pourrait aussi être corrélée à une multitude de facteurs sous-jacents. Cependant, ces pistes ont rarement été testées. Dans une étude détaillée publiée dans la revue PNAS Nexus, des chercheurs apportent de nouveaux éclairages sur les raisons de cette tendance aux États-Unis. Les auteurs soulignent que cette analyse pourrait avoir des implications méthodologiques pour l’étude d’autres facteurs de risque, notamment dans les pays où la composition de la population évolue.
Les données nationales indiquent qu’aux États-Unis, l’écart de risque de mortalité sur cinq ans entre les fumeurs actuels et les personnes n’ayant jamais fumé était de 3,4 % en 1987. Ce chiffre est passé à 4,9 % en 2013. Pourtant, de manière paradoxale, la prévalence du tabagisme a généralement diminué, passant notablement de 52 % chez les hommes et 34 % chez les femmes en 1965 à 13 % chez les hommes et 10 % chez les femmes en 2022, selon la nouvelle étude. Pour comprendre cette évolution apparemment contradictoire, l’équipe a analysé une vaste base de données médicales portant sur des Américains entre 1987 et 2013, dans le cadre de l’Enquête nationale sur la santé (NHIS). Les chercheurs ont divisé les données de la NHIS en trois périodes et ont estimé la mortalité par âge pour chacune d’elles. Ils ont constaté que l’écart de risque de mortalité entre fumeurs et non-fumeurs reste à peu près le même à un âge donné au fil du temps.
Les auteurs en concluent que le changement de structure par âge explique en grande partie l’augmentation de l’association statistique entre tabagisme et mortalité. Cela s’expliquerait par le fait que la population américaine vieillit et que, dans le même temps, les taux de tabagisme ont diminué chez les jeunes générations, probablement parce que le tabac est moins accepté socialement. Ainsi, les fumeurs actuels sont en moyenne plus âgés qu’il y a quelques décennies, et les risques de mortalité associés au tabagisme augmentent avec l’âge. « Ces résultats illustrent comment les changements dans la composition de la population peuvent influencer les estimations des risques de mortalité liés à des expositions comme le tabagisme et ont des implications pour la compréhension des variations temporelles d’autres facteurs de risque, comme l’obésité », concluent les auteurs.
Le vieillissement de la population et l’évolution des habitudes tabagiques influencent les statistiques de mortalité
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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