Le **Conseil national de la sécurité routière** doit prochainement trancher sur l’obligation du port du casque pour les utilisateurs de trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), qui regroupent notamment les gyropodes et les monocycles. Les cyclistes sont également évoqués dans le débat, mais l’accent reste mis sur les usagers d’EDPM. Jusqu’à récemment, le port du casque à vélo n’était obligatoire que pour les enfants de moins de 12 ans. Pour les utilisateurs d’EDPM, le casque n’était requis qu’en dehors des zones urbaines, mais des évolutions récentes au niveau local ont rendu la réglementation plus complexe. Ces derniers mois, une douzaine de collectivités locales – dont les Alpes-Maritimes, les Hauts-de-France, le Pas-de-Calais, l’Indre, l’Yonne et Paris – ont instauré leurs propres règles, imposant le port du casque en permanence et sur l’ensemble des voies publiques, y compris les pistes cyclables. Ces mesures ont été prises en réponse à une hausse des accidents, que les élus locaux attribuent à l’usage croissant des EDPM et aux difficultés de cohabitation avec des véhicules plus rapides. Certaines villes ont même étendu l’obligation à d’autres usagers, comme les cyclistes ou les patineurs à roulettes, qu’ils soient motorisés ou non. Le défi pour les utilisateurs de ces engins réside dans la connaissance des règles applicables selon les territoires. Comme les réglementations locales varient, il est parfois difficile de savoir si le casque est obligatoire lors d’un trajet traversant plusieurs zones. Par ailleurs, certaines de ces règles locales pourraient ne pas reposer sur un socle juridique solide. Pour instaurer des règles plus strictes que celles en vigueur au niveau national ou départemental, les collectivités doivent justifier leur décision par des éléments concrets, comme des statistiques d’accidents ou des conditions locales spécifiques rendant la pratique du vélo ou des EDPM plus risquée. Or, beaucoup n’ont pas fourni de telles preuves. Pour clarifier cette situation, Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté, a demandé au **Conseil national de la sécurité routière** d’examiner la question. Si son attention se porte surtout sur les utilisateurs d’EDPM, elle a également évoqué les cyclistes dans ses déclarations à la presse. Une généralisation de l’obligation du casque pour les cyclistes pourrait en effet perturber le système de vélos en libre-service, en plein essor dans les grandes villes comme Paris.