Depuis le 1er octobre 2026, les cyclistes en Espagne sont tenus de porter un casque hors des zones urbaines, sans exception possible, que ce soit en cas de fortes chaleurs ou pour des raisons médicales. Cette obligation s’applique à tous les adultes et reflète une nouvelle attention portée à la protection des usagers vulnérables de la route, un terme désignant les piétons, les cyclistes et les motocyclistes, plus susceptibles d’être grièvement blessés dans des accidents de la circulation. Selon un rapport de Motor16, ces groupes représentaient plus de la moitié des décès sur la route en 2024. En revanche, en ville, les adultes ne sont toujours pas obligés de porter un casque, bien que les enfants de moins de 16 ans et les travailleurs de la livraison le soient. Les trottinettes électriques, quant à elles, nécessitent désormais un casque partout, avec un âge minimum de 15 ans. La Direction générale de la circulation (DGT), l’autorité espagnole en matière de trafic, a confirmé la suppression des anciennes exceptions pour les cyclistes hors des zones urbaines. Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’une politique déjà en vigueur en France pour les trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), qui imposent le port du casque dès que les utilisateurs quittent les zones urbaines. L’argument avancé est qu’en dehors des villes, l’écart de vitesse entre les véhicules et les cyclistes aggrave la gravité des blessures en cas de chute. En France, cependant, les règles concernant le vélo restent plus souples : seuls les moins de 12 ans sont tenus de porter un casque, et ce partout. Dans les deux pays, les autorités locales disposent d’un pouvoir important pour faire appliquer ces règles, ce qui signifie que l’obligation de porter un casque peut varier selon la zone où se trouve le cycliste. En France, les collectivités locales jouent un rôle plus actif dans la mise en œuvre des règles relatives au casque. Par exemple, Paris et sa périphérie imposent le port du casque aux utilisateurs de trottinettes électriques depuis le 7 août, sous peine d’amende en cas de non-respect. Des règles similaires ont été instaurées dans plusieurs autres régions, comme la Seine-et-Marne, les Alpes-Maritimes et d’autres. Cette situation crée un cadre où l’équipement requis pour un trajet dépend de la région traversée, rendant les règles quelque peu complexes pour les usagers. La France envisage désormais d’imposer le port du casque à tous les cyclistes et utilisateurs d’EDPM, quel que soit le lieu ou l’âge. La ministre Marie-Pierre Vedrenne a demandé à l’Agence de sécurité routière d’étudier cette modification, estimant qu’une règle unique serait plus facile à appliquer et qu’une chute à haute vitesse peut s’avérer dangereuse. Cependant, certaines associations, comme la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), s’inquiètent qu’une telle mesure ne décourage la pratique du vélo. Cette préoccupation avait déjà été soulevée au Sénat français en 2022. L’Espagne, de son côté, adopte une approche plus mesurée, notant qu’entre 2004 et 2007, la proportion de cyclistes accidentés portant un casque avait augmenté, sans que les données hospitalières ne montrent de baisse des traumatismes crâniens, ce qui a conduit à une application plus prudente des règles en milieu urbain, notamment à Madrid.