Venise subit la montée des eaux et l'affaissement du sol, avec une submersion prévue d'ici 2100. Quatre stratégies d'adaptation sont évoquées, mais la seule vraie solution reste l'atténuation du réchauffement.
Venise s'enfonce plus vite qu'avant
Venise s'enfonce d'environ 1 mm par an, tandis que le niveau de la mer monte de 4 mm par an, un rythme qui a doublé depuis la fin du XXe siècle. Cela s'explique par l'accumulation de chaleur, qui provoque la dilatation des océans, ainsi que par la fonte des glaces du Groenland et de l'Antarctique.Une ville menacée d'submersion
Plus de la moitié de Venise se trouve à seulement 80 à 120 cm au-dessus du niveau de la mer. D'ici 2100, la ville pourrait être submergée, le niveau de la mer dans la lagune devant augmenter de 40 cm dans un scénario de faibles émissions, ou de près de 1 mètre dans un scénario plus pessimiste.Plusieurs causes à l'affaissement
Venise s'enfonce en raison de facteurs tectoniques, géologiques et humains. L'affaissement tectonique résulte de la plaque adriatique qui s'enfonce sous les Apennins, tandis que l'affaissement géologique provient du tassement des sols. Les activités humaines, comme le pompage des eaux souterraines et l'extraction de méthane dans les années 1950 et 1960, ont causé un enfoncement supplémentaire de 130 mm avant d'être interdites en 1970.Le projet Mose mis à rude épreuve
Le projet Mose, un système de digues mobiles destiné à protéger Venise des marées hautes, est en service depuis 2020. La fréquence de ses activations a fortement augmenté : 30 utilisations en 23 jours entre janvier et février 2026, contre 27 en 2025 et 28 en 2024.Quatre stratégies d'adaptation proposées
Les chercheurs ont modélisé quatre stratégies d'adaptation. L'une repose uniquement sur le Mose, tandis que les autres prévoient la construction de digues, la transformation de la lagune en lac, ou le déplacement de la population et du patrimoine de Venise vers la terre ferme. Chaque option comporte des compromis entre préservation et coût.Aucune solution parfaite
L'étude montre qu'aucune stratégie ne permet d'atteindre pleinement tous les objectifs. Les chercheurs insistent sur le fait que la seule solution à long terme consiste à stopper le réchauffement climatique, ce qui ralentirait la hausse du niveau de la mer et prolongerait la survie de Venise. Chaque degré de réchauffement évité réduit les coûts et les risques futurs.