Sur une période d’environ 100 ans, Venise a perdu 23 centimètres d’altitude par rapport au niveau moyen de la mer. Cette baisse s’explique par une combinaison de facteurs naturels et humains. Une étude géotechnique publiée en 2005 dans le Giornale di Geologia Applicata a déterminé que 11 centimètres de cette perte sont dus à la montée des eaux, 9 centimètres à l’activité humaine et 3 centimètres à l’affaissement naturel. La part imputable à l’homme, plus précisément, est liée à l’extraction des nappes phréatiques dans la zone industrielle de Marghera entre 1930 et 1973. Pendant cette période, les usines de Marghera pompaient jusqu’à 500 litres d’eau souterraine par seconde, ce qui a fait baisser significativement la nappe phréatique et comprimer les couches d’argile sous la ville. Ce phénomène a provoqué un affaissement du sol pouvant atteindre 17 millimètres par an en 1969. Lorsque le pompage a cessé en 1973, le sol s’est légèrement relevé d’environ 2 centimètres, mais 85 % de l’affaissement reste permanent. Avant cette activité industrielle, l’affaissement naturel se produisait à un rythme d’environ 1 millimètre par an, et la période la plus intense de l’enfoncement d’origine humaine s’étend entre 1950 et 1970. Le sous-sol de Venise contient une forte proportion d’argile, ce qui a rendu le sol plus vulnérable à la compression lorsque l’eau était retirée. Le rapport entre l’affaissement et la baisse de pression dans la ville était de 1/50, contre 1/100 à Marghera. Entre 1930 et 1973, le pompage à Marghera a provoqué 14 centimètres d’affaissement dans la zone industrielle, tandis que Venise enregistrait en moyenne 10 centimètres d’enfoncement. Bien que la ville ait pompé moins d’eau que Marghera, la composition géologique du secteur a amplifié l’impact sur Venise. La quantité exacte d’affaissement d’origine humaine fait encore débat. Le chiffre de 9 centimètres provient de l’étude de 2005, mais des simulations antérieures, réalisées en 1974 par Gambolati et ses collègues, estimaient jusqu’à 15 centimètres d’affaissement durant la même période. Des mesures géodésiques menées entre 1952 et 1969 ont enregistré environ 10 centimètres d’affaissement. Ainsi, la meilleure façon de décrire la contribution humaine est de parler d’une fourchette comprise entre 10 et 15 centimètres, selon la méthode utilisée. Si l’arrêt du pompage a mis fin à l’enfoncement, les 9 centimètres d’affaissement ne seront pas inversés, car la majeure partie est considérée comme irréversible.