Un trou d'effondrement de 29 pieds s'est formé à Long Beach à cause de l'extraction pétrolière, entraînant d'importants dégâts d'infrastructure et une bataille juridique historique sur l'affaissement.
Affaissement du bassin de Long Beach
Au point le plus bas du bassin de Long Beach, le sol s'est enfoncé de 29 pieds, soit environ 9 mètres, l'équivalent de la hauteur d'un immeuble de trois étages. La dépression couvre plus de 20 miles carrés, soit plus de 50 km², soit à peu près la moitié de la superficie de Paris intra-muros.Cause de l'affaissement
L'affaissement a été causé par l'extraction de pétrole sous un port, et non par un tremblement de terre ou une catastrophe naturelle. Le champ de Wilmington, découvert en 1932, est à l'origine de cet affaissement. Il est rapidement devenu l'un des plus grands des États-Unis en termes de production cumulée.Mécanisme de l'affaissement
À partir de 1940, l'affaissement est devenu visible, et son mécanisme était connu : en retirant le pétrole et les fluides, la pression dans le réservoir chute, et les roches sableuses qui le composent se compactent. Le sol en surface suit ce mouvement.Rythme de l'affaissement
Le rythme a surpris. Selon les services municipaux de Long Beach, la zone du chantier naval de Terminal Island avait déjà perdu plus de 4 pieds en 1945, et en 1951, le taux d'affaissement dépassait 2 pieds par an. Une étude technique de référence situe même le maximum, au centre du bassin, à 71 centimètres en une seule année, en 1951.Impact sur les infrastructures
Dans les rues, cela se traduit par des dégâts très concrets. Des digues et des murs de protection ont dû être construits autour des zones portuaires pour contenir les eaux, les inondations devenant un risque permanent. Quant au centre-ville, situé à environ 5 miles du port, Pine Avenue, alors principale artère commerçante, se trouvait déjà 2 pieds plus bas en 1950.Actions en justice
En 1958, les États-Unis ont poursuivi tous les producteurs du champ pour les dommages subis par cette base navale. La demande d'indemnisation était la plus importante de l'histoire américaine pour un affaissement causé par le pompage de fluides. L'affaire a finalement été réglée à l'amiable, sans verdict.Loi californienne sur l'affaissement
La même année, la Californie a adopté sa propre loi. Ce texte, connu sous le nom de California Subsidence Act, oblige les producteurs à s'unir et à repressuriser le réservoir en y injectant de l'eau. Le point de blocage était le morcellement de la propriété du champ.Coordination des opérations
Sur ce même réservoir, des centaines d'exploitants (environ 400 exploitants, auxquels s'ajoutaient des dizaines de propriétaires fonciers) n'avaient aucun intérêt individuel à injecter de l'eau, alors que l'effet ne devenait visible que si tous le faisaient en même temps. Pour agir de manière coordonnée, les différents blocs de failles ont été regroupés en quatre unités.Premières injections d'eau
Les premières injections destinées à maintenir la pression remontent à 1953, bien avant l'accord général de 1958. Il s'agissait donc d'expériences, et non encore d'une campagne à grande échelle. Il a fallu la menace d'une énorme action fédérale en justice et une loi d'État pour que l'opération change d'échelle.Effet de l'injection d'eau
Avec des centaines de millions de gallons d'eau de mer pompés dans le champ pétrolifère, le résultat a surpris même les ingénieurs : en 1966, l'affaissement était stabilisé. L'étude de référence citée précédemment indique que le taux de mouvement vertical est tombé à 0 centimètre par an au centre du bassin dès 1968.Avantages économiques
Plus étonnant encore, l'injection a également profité aux compagnies. Des ingénieurs de la ville de Long Beach ont montré dans les années 1950 qu'elle augmentait le taux de récupération du pétrole, ce qui a transformé une contrainte réglementaire en argument économique.Remontée du sol
Après la stabilisation, le sol s'est légèrement relevé par endroits, d'une remontée de quelques pouces seulement. Une publication technique du secteur évoque une hausse de 8 ou 9 pouces, soit environ 20 centimètres, à comparer aux 9 mètres perdus. Le paysage n'a toutefois pas retrouvé son état d'origine.Changements à long terme
Certaines parties de la zone portuaire demeurent à plusieurs pieds en dessous de leur altitude d'avant l'extraction, et des industries concernées ont quitté le secteur pendant les années d'affaissement. Le champ n'a toutefois pas été abandonné, et cet épisode a changé les règles du jeu à Long Beach.Développements futurs
Selon la ville, les compagnies pétrolières savaient depuis longtemps que les gisements s'étendaient vers l'est, sous la ville et en mer, mais l'exploitation de ce secteur n'a commencé qu'en 1965, après un vote des habitants qui a levé l'interdiction de forage. La condition posée par les électeurs : que cette extension soit unifiée avant toute exploitation et que l'injection d'eau commence immédiatement.