Le casse du Louvre un an plus tard

Un an après le cambriolage du musée du Louvre, survenu le 19 octobre 2025, l'institution continue de faire face aux conséquences du vol, commis par deux hommes qui ont pénétré dans la galerie d'Apollon et dérobé neuf bijoux du XIXe siècle d'une valeur de 88 millions d'euros.

Méthode des voleurs et objets volés

Les voleurs ont utilisé un monte-meuble installé sur un camion de dépannage ainsi qu'une échelle pour atteindre le premier étage. Ils ont découpé les vitrines à l'aide de meuleuses avant de prendre la fuite à scooter. Ils ont laissé derrière eux la couronne de l'impératrice Eugénie, gravement endommagée, qui s'est révélée par la suite déformée mais restaurable.

Restauration de la couronne

Le Louvre a annoncé en février 2026 que la couronne pourrait être entièrement restaurée sans reconstruction. La restauration, qui comprend des analyses et une consultation d'un comité scientifique, devrait débuter une fois les préparatifs nécessaires achevés.

Failles de sécurité révélées

Le vol a mis en lumière d'importantes vulnérabilités de sécurité au Louvre, notamment des systèmes de surveillance obsolètes, une couverture insuffisante par les caméras et l'absence de surveillance en temps réel. Une enquête administrative a conclu que, si les systèmes d'alarme fonctionnaient correctement, plusieurs dysfonctionnements ont permis aux auteurs de mener leur projet à terme.

Avertissements précédents ignorés

Un rapport de 2019 avait déjà signalé la fragilité de la fenêtre par laquelle les voleurs sont entrés, mais aucune mesure n'a été prise. La Cour des comptes a par la suite critiqué la gestion financière du Louvre, soulignant qu'entre 2018 et 2024, le musée a privilégié les opérations visibles aux travaux de renforcement de la sécurité.

Améliorations de la sécurité au Louvre

En réponse au vol, le ministère français de la Culture a dévoilé un plan de 33 mesures destinées à renforcer la sécurité des musées les plus vulnérables. Le Louvre a lui-même pris des mesures pour améliorer sa sécurité, notamment en installant des caméras périmétriques, en sécurisant les points d'accès et en rénovant son centre de contrôle de la sécurité.

Nouvelle direction et défis

Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, a souligné la complexité de la mise en œuvre d'une refonte globale de la sécurité, rappelant que la vaste superficie du musée et sa valeur historique rendent ces efforts difficiles. L'année écoulée a également été marquée par d'autres difficultés, notamment des grèves internes, des fuites d'eau et des problèmes de chauffage.

Changements à la tête du musée et nouveaux projets

L'ancienne présidente du musée, Laurence des Cars, a démissionné en février 2026, estimant qu'une nouvelle approche du leadership était nécessaire. Leribault a également abordé les tensions sociales au sein du musée, proposant aux syndicats un « protocole de sortie de grève ». Parallèlement, le Louvre doit aussi composer avec les implications politiques et financières du projet « Louvre - Nouvelle Renaissance », un plan de rénovation d'un milliard d'euros annoncé par le président Emmanuel Macron.

Bijoux volés toujours introuvables

Concernant les bijoux volés, les enquêteurs ont reconstitué les méthodes des voleurs, mais n'ont pas encore identifié d'éventuel commanditaire. Les huit pièces, dont deux diadèmes, deux colliers, deux paires de boucles d'oreilles, une broche et un grand nœud de corsage, restent introuvables. Leur valeur historique est considérable, mais leur valeur marchande serait nettement amoindrie en cas de revente.

Expertise proposée pour la restauration de la couronne

Les cinq grandes maisons de joaillerie françaises – Mellerio, Chaumet, Cartier, Boucheron et Van Cleef & Arpels – ont proposé leur expertise pour la restauration de la couronne de l'impératrice Eugénie, dont l'armature devrait être remodelée plutôt que reconstruite.