Leribault s'exprime sur la sécurité et l'avenir du Louvre

Un an après le vol des joyaux de la Couronne, Christophe Leribault, président-directeur du Louvre, a fait part de ses déclarations dans un entretien exclusif accordé au Figaro, publié le 14 octobre. Leribault a détaillé les mesures mises en place pour la sécurité du musée et a mis en garde contre la nécessité absolue de ne pas abandonner le projet de rénovation « Louvre – Nouvelle Renaissance », annoncé par Emmanuel Macron en janvier 2025.

Le projet de rénovation est vital pour le Louvre

Estimés à près d'un milliard d'euros, ces travaux doivent répondre au vieillissement des bâtiments et à la saturation des espaces. Leribault qualifie le projet de « défi essentiel et national ». Si la première pelle ne pourra être mise en œuvre qu'après l'élection présidentielle de 2027, avec l'aval du prochain gouvernement, le responsable du Louvre lance un avertissement aux décideurs.

Le Louvre risque de perdre son statut si la rénovation échoue

Aucun projet n'est jamais à l'abri d'une décision politique absurde. Mais quel que soit le futur gouvernement, il doit garder à l'esprit que si le Louvre n'est pas réparé, adapté et transformé, il perdra rapidement son statut et devra, à long terme, fermer ses portes au public, a-t-il déclaré.

Le financement reste un défi

Le financement reste cependant un défi. Le Louvre doit en effet encore collecter 360 millions d'euros auprès de mécènes. Face à une baisse de trois millions d'euros de son budget en 2027, le président-directeur du musée parisien envisage une nouvelle hausse des droits d'entrée, qu'il promet « très raisonnable », alors que le billet coûte déjà 22 euros pour les visiteurs non éligibles à la gratuité et 32 euros pour les étrangers non européens.

La rénovation sera progressive et échelonnée

Leribault rappelle que des sections fermeront tour à tour pour les travaux, mais que le musée dans son ensemble restera ouvert, et que ses œuvres les plus emblématiques resteront visibles. Il espère que la grande entrée sur la colonnade et les nouvelles salles d'exposition pourront ouvrir dans cinq ou six ans, tandis que la rénovation complète s'étalera sur douze à quinze ans.

Les améliorations de la sécurité se poursuivent

En matière de sécurité, Leribault assure que les travaux d'urgence se poursuivent, avec l'installation de nouvelles caméras, le renforcement des accès et la rénovation des grilles du domaine. Un coordinateur de la sécurité a également rejoint la direction en juillet. Cet été, la galerie d'Apollon a rouvert au public, vidée de tous ses objets, les joyaux restants du vol du 19 octobre 2025 ayant été mis en sécurité en attendant un nouvel espace de présentation hautement sécurisé.

L'enquête sur le vol reste au point mort

Un an après le cambriolage, au cours duquel huit joyaux de la Couronne ont été dérobés en quelques minutes, l'enquête est dans l'impasse. Les joyaux historiques, estimés à 88 millions d'euros, restent introuvables. Lors de nouveaux interrogatoires menés en juin dernier, deux des quatre suspects mis en examen – Ayed G. et Abdoulaye N., ceux soupçonnés d'être entrés dans la galerie d'Apollon – ont soudainement affirmé qu'un certain « Jo » d'Aubervilliers avait commandité le vol et avait participé en supervisant la manipulation du monte-charge, avant de récupérer aussitôt le butin et de disparaître sans jamais leur verser l'argent promis.

Les suspects affirment que d'autres étaient impliqués

Selon eux, les deux autres mis en examen, Slimane K. et Rachid H., soupçonnés d'avoir été ceux qui opéraient au pied du bâtiment, seraient innocents : les enquêteurs n'auraient pas arrêté les bonnes personnes. La police a toutefois accueilli ces déclarations avec scepticisme, en raison des divergences de versions lors des interrogatoires, des preuves matérielles déjà recueillies et de l'absence totale d'éléments retrouvés qui pourraient corroborer ce nouveau récit, lequel ne dissipe pas le mystère.