Fin de l'exercice Wildfire 26.2

Wildfire 26.2, exercice de lutte antidrone organisé par la Marine nationale en Méditerranée, s'est officiellement achevé. Il a réuni divers acteurs militaires et industriels afin de tester et de développer de nouvelles technologies destinées à être utilisées en mer comme à terre.

Partage de technologies entre armées

L'événement a mis en lumière la manière dont les différentes armées partagent et adaptent souvent des technologies initialement conçues pour une seule d'entre elles. Par exemple, plusieurs technologies testées en mer intéressaient auparavant l'armée de Terre, et inversement. Cet échange permet de disposer de capacités militaires plus polyvalentes et plus efficaces.

Test du munition Deluge

L'une des technologies clés testées était Deluge, une munition téléopérée à longue portée. MBDA l'a tirée pour la première fois depuis une rampe installée sur le pont d'un porte-hélicoptères amphibie (PHA), un navire utilisé pour la première fois dans cet exercice. Ce test a suscité un vif intérêt de la part de la Marine.

L'avenir de Deluge dans l'armée de Terre

Deluge est principalement destiné à l'armée de Terre et à l'Armée de l'air et de l'espace. L'armée de Terre prévoit de recevoir une centaine d'unités, le 1er régiment d'artillerie de Belfort devant être doté d'une batterie dédiée à partir de 2027. L'Armée de l'air et de l'espace entend utiliser Deluge pour neutraliser les défenses aériennes adverses.

Renommage et caractéristiques de Deluge

Deluge a été rebaptisé Durandal par les forces armées françaises. Ce nouveau nom traduit le passage du système d'un mode téléopéré à un mode davantage préprogrammé. Durandal peut emporter une charge militaire de 40 kg et possède une portée de 500 km, quatre munitions pouvant être tirées en 15 minutes.

Essai du drone AR3

L'exercice a également permis de tester le drone AR3 de la société portugaise Tekever. Ce drone a été officiellement retenu et devrait être déployé au sein du 61e régiment d'artillerie de Chaumont d'ici la fin de l'année.

Intercepteurs de drones testés

Plusieurs intercepteurs de drones ont été testés, notamment des modèles de Destinus et d'Aerix Systems. Aerix Systems a ensuite été intégré au Battle Lab LAD Terre (B2LT), une unité de recherche militaire organisée par l'armée de Terre à Caylus.

Essai du système Rampart

Wildfire a également marqué les premiers essais en mer du système Rampart de Naval Group. Ce lanceur modulaire a testé des roquettes guidées et non guidées de Thales, les roquettes de 68 mm étant les premières à avoir été intégrées au système et tirées depuis celui-ci.

Intégration future du missile Piorun

Le missile Piorun du groupe polonais MESKO devrait être le prochain missile intégré au système Rampart. Bien qu'aucun tir n'ait été effectué pendant l'exercice, la compatibilité du système avec ce missile a été vérifiée.

Intérêt plus large pour Rampart

Le système Rampart suscite un intérêt qui dépasse le domaine naval. L'armée de Terre et l'Armée de l'air et de l'espace étudient son potentiel pour la protection des bases aériennes. Il pourrait à terme remplacer le système terrestre RAPIDFire sur une plateforme déployable.

Prochains essais de Rampart

Après Wildfire, Rampart retournera en mer pour une campagne aux Émirats arabes unis impliquant le missile Skynight. Il reviendra ensuite à terre pour des essais en Belgique, initialement prévus pour la fin de 2026 mais désormais attendus pour le milieu de l'année 2027.

Implication belge dans Rampart

La Belgique a été activement impliquée dans le projet Rampart. La division belge a été la première à effectuer des tirs d'essai à Liège. Le système a depuis évolué pour comporter jusqu'à trois paniers de cinq tubes chacun, en prévision d'éventuels essais futurs d'artillerie sol-air.