Le slogan « ACAB » refait surface dans les manifestations françaises, reflétant des critiques plus larges des pratiques policières et de la méfiance envers les institutions.
ACAB fait son apparition dans les manifestations en France
Parmi les vitrines endommagées, les abribus vandalisés et les slogans peints à la hâte sur les murs de plusieurs villes françaises, samedi 17 octobre, quatre lettres ont particulièrement attiré l'attention : « ACAB ». Ce sigle, qui signifie « All Cops Are Bastards » (« Tous les flics sont des salauds »), a refait surface dans plusieurs manifestations organisées autour des questions de pouvoir d'achat, de logement et d'éducation.Origines du slogan ACAB
Ce slogan, né dans la classe ouvrière anglaise au XXe siècle, certaines sources situant son apparition dès les années 1920, voire les années 1940, a d'abord circulé dans les milieux carcéraux britanniques avant de se répandre dans les stades, les groupes de supporters et diverses contre-cultures. Sa popularisation intervient dans les années 1980 grâce au groupe de punk britannique The 4-Skins, qui lui consacre une chanson devenue emblématique.Évolution du slogan ACAB
Au fil des décennies, ACAB a largement dépassé le cadre des stades de football et des sous-cultures urbaines. Dans les années 1990 et 2000, il apparaît dans de nombreux mouvements de protestation, notamment au sein de groupes anarchistes, autonomes ou altermondialistes. Le slogan existe également sous une forme plus discrète : « 1312 », qui correspond à la position alphabétique des lettres A-C-A-B. Cette version est souvent utilisée sur les réseaux sociaux, dans des hashtags ou sur certains vêtements.Contexte de l'utilisation récente d'ACAB
La multiplication des inscriptions ACAB lors des manifestations récentes peut s'expliquer par plusieurs facteurs. Pour certains militants, le slogan constitue une critique générale de l'institution policière, de ses méthodes ou de sa relation avec une partie de la population. Il est notamment employé pour dénoncer les violences policières, les contrôles discriminatoires ou certaines pratiques de maintien de l'ordre. Son retour dans les mobilisations des dernières années s'inscrit également dans un contexte marqué par les manifestations consécutives à la mort de George Floyd aux États-Unis, ainsi que par les débats français autour de la loi « Sécurité globale » et des méthodes de maintien de l'ordre lors des grands mouvements sociaux.Une expression controversée
Cette expression reste pourtant extrêmement controversée. Les syndicats de police et de nombreux représentants des forces de l'ordre dénoncent une formule jugée insultante et stigmatisante pour l'ensemble de la police. Selon eux, ACAB ne relève pas d'une simple critique institutionnelle mais constitue une attaque directe contre des hommes et des femmes qui exercent une mission de service public. À l'inverse, certains militants affirment que le slogan vise davantage le système policier que les policiers à titre individuel. Cette divergence d'interprétation explique en partie pourquoi ces quatre lettres continuent de susciter autant de débats dans l'espace public.