Des traces de supernova découvertes dans des carottes de glace

Une supernova qui a explosé il y a environ 2,6 millions d'années, à une distance de 150 à 163 années-lumière de la Terre, aurait pu affecter l'environnement terrestre et l'évolution humaine primitive, selon des études récentes. Des scientifiques ont découvert des traces de fer-60, un isotope radioactif rare, dans des carottes de glace antarctiques, ce qui indique l'impact de cet événement sur la Terre.

L'origine du fer-60 et sa demi-vie

Le fer-60 a une demi-vie de 2,6 millions d'années. Tout fer-60 présent sur Terre aujourd'hui doit donc provenir d'une source extérieure, comme une supernova. Cette découverte appuie l'idée que la supernova s'est produite dans un passé lointain et a laissé une trace détectable sur l'environnement terrestre.

Les fluctuations de la poussière interstellaire

Une étude de 2019 publiée dans Physical Review Letters a mis en évidence des niveaux variables de fer-60 dans des carottes de glace datant de 40 000 à 81 000 ans, ce qui suggère des changements dans la densité de la poussière interstellaire au fil du temps. L'étude note que la quantité de fer-60 atteignant la Terre au cours de cette période était inférieure à celle observée aujourd'hui.

Une ionisation atmosphérique accrue

L'astrophysicien Adrian Melott a avancé qu'une supernova située à 163 années-lumière de la Terre aurait fortement accru l'ionisation de l'atmosphère, peut-être jusqu'à 50 fois. Cela aurait pu entraîner des éclairs plus fréquents et plus intenses, augmentant le risque d'incendies de forêt dans les zones sèches et boisées.

Changements environnementaux et bipédie

Melott et Brian Thomas ont proposé que l'augmentation des éclairs et des incendies ait pu transformer les forêts africaines en savanes. Ce changement de milieu a pu favoriser le développement de la bipédie, car marcher debout était plus avantageux dans des environnements ouverts.

La bipédie précède l'événement

Toutefois, certains chercheurs affirment que la bipédie était déjà établie chez les premiers ancêtres humains il y a environ 4,4 millions d'années, bien avant la supernova. Si l'événement cosmique a pu influencer des tendances déjà existantes, il n'en a peut-être pas été le principal moteur.

Rayons cosmiques et effets biologiques

Les recherches de Caitlyn Nojiri suggèrent que les rayons cosmiques issus de la supernova auraient pu provoquer un effet mutagène important sur les organismes vivants de l'époque, ajoutant une dimension biologique à l'impact de l'événement. Cela aurait pu influencer des modifications génétiques chez les premiers humains.

La position galactique de la Terre

Des chercheurs soulignent que la position de la Terre dans la galaxie, au sein d'un vaste vide créé par des explosions stellaires, pourrait la placer dans une région où de tels événements cosmiques sont plus fréquents. Le pic de fer-60 observé entre 2 et 3 millions d'années est attribué à une supernova issue des associations du Centaure supérieur-Loup ou de Tucana Horologium.

Enseignements de la recherche interdisciplinaire

La convergence de la physique nucléaire, de la géologie, de l'astrophysique et de la paléoanthropologie dans ces travaux met en lumière le fait que l'environnement et l'évolution de la Terre pourraient être plus influencés par son environnement galactique qu'on ne le pensait auparavant. Cette approche interdisciplinaire offre de nouvelles perspectives sur les interactions entre les événements cosmiques et la vie sur Terre.