Les défaillances d'entreprises en France ont augmenté en 2025, mais les emplois menacés ont reculé, révélant des signaux économiques contrastés et des fragilités persistantes.
Baisse du risque pour l'emploi, mais hausse des défaillances
Le rapport 2026 de l'Observatoire du financement des entreprises cite une estimation de BPCE : 244 500 emplois ont été menacés par des défaillances d'entreprises en 2025, soit une baisse de 9 % par rapport à l'année précédente. Toutefois, le nombre de défaillances d'entreprises a lui-même augmenté de 3,6 % en 2025, pour atteindre 68 602, bien que cette hausse soit nettement plus modérée qu'en 2024.Des mesures différentes, les mêmes difficultés
Le rapport met en lumière une évolution contrastée : le nombre d'emplois potentiellement touchés diminue, alors que le nombre de défaillances reste élevé. Ce chiffre ne correspond pas au même nombre de pertes d'emplois réelles. Il mesure l'exposition des salariés aux procédures touchant leur entreprise.Des facteurs qui dépassent la reprise post-pandémie
Publié en ligne par la Banque de France le 26 octobre, le rapport souligne que le rebond des procédures, après les années de soutien massif lié à la pandémie, ne suffit plus à expliquer la situation. Les difficultés de trésorerie, le ralentissement de l'activité et la démographie des entreprises jouent désormais un rôle important.Les PME particulièrement touchées
La situation varie selon la taille des entreprises. Les PME hors micro-entreprises ont connu une hausse plus marquée des procédures depuis la sortie de la crise sanitaire. Dans l'industrie, les transports et les services aux entreprises, l'évolution de l'activité reste particulièrement déterminante pour la solidité des entreprises.Une santé financière contrastée
Les données financières rassemblées dans le rapport révèlent une divergence entre les catégories d'entreprises. Exprimé en jours de chiffre d'affaires, le niveau médian de trésorerie des micro-entreprises a légèrement augmenté, alors qu'il a diminué pour les autres PME et de manière plus significative pour les entreprises de taille intermédiaire. Ces niveaux restent globalement supérieurs à ceux de 2019, avant la pandémie.Accès au crédit, pas une garantie
La Banque de France note que l'accès au financement bancaire reste globalement assuré, tout en appelant à mieux repérer les difficultés avant qu'elles ne deviennent irréversibles. Le rapport souligne également les effets différenciés des tensions internationales et des coûts de l'énergie sur les très petites, petites et moyennes entreprises.La prévention plutôt que la réaction
L'Observatoire met en avant les mesures de prévention et la Charte de confiance lancée en février 2026 pour mieux orienter les entreprises en difficulté. Le lien entre les 68 602 défaillances de 2025 et les 244 500 emplois menacés rappelle enfin qu'un indicateur ne remplace pas un autre : une variation du nombre de procédures ne se traduit pas mécaniquement par une évolution proportionnelle de l'emploi exposé.