Une saucisse bretonne traditionnelle fait face aux restrictions de l'UE en raison de substances nocives, ce qui incite à préserver sa saveur unique et son patrimoine.
Une saucisse bretonne traditionnelle face aux restrictions de l'UE
L'andouille de Guémené, une spécialité bretonne traditionnelle à base d'intestins de porc fumés au bois de hêtre, risque d'être soumise à des restrictions en raison de nouvelles réglementations européennes concernant les substances nocives présentes dans les aliments fumés.Une méthode de préparation unique qui définit le plat
Ce produit, fabriqué à Guémené-sur-Scorff, dans le département du Morbihan, est un incontournable de la gastronomie bretonne depuis des siècles, grâce à sa méthode de préparation et à sa saveur uniques. Le processus consiste à fumer la saucisse au bois de hêtre, ce qui lui donne sa couleur noire caractéristique et son goût particulier, puis à la faire sécher pendant deux à trois semaines.Des inquiétudes sanitaires liées aux HAP dans les aliments fumés
Le problème vient des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des substances formées lors du fumage et considérées comme potentiellement cancérigènes. Jusqu'en 2016, les contrôles de l'andouille de Guémené ne portaient pas sur la peau, mais la réglementation actuelle exige que les analyses incluent la peau, ce qui entraîne des taux de HAP plus élevés.Les artisans tentent de se conformer aux nouvelles règles
Les artisans ont essayé d'atténuer le problème en recouvrant la saucisse d'une chaussette pendant le fumage, mais les taux restent suffisamment élevés pour entraîner des interruptions temporaires des ventes, selon la Maison de l'andouille.Les responsables politiques réclament une dérogation européenne
Des élus locaux de tous bords politiques plaident pour une dérogation européenne afin de préserver la méthode de production traditionnelle. Ils affirment que des taux de HAP plus élevés vont de pair avec une saveur plus intense, qui constitue une caractéristique essentielle de l'andouille de Guémené.Une pétition souligne l'importance culturelle du produit
Une pétition, signée par environ 20 000 personnes, a été lancée pour soutenir ces démarches en mettant en avant l'importance culturelle et culinaire de ce plat. Certains proposent de revenir aux méthodes de contrôle d'avant 2016, qui excluaient la peau de l'analyse, tout en apposant une mention claire indiquant que la peau ne doit pas être consommée.