Les pharmaciens français élargissent leur rôle en soins de premier recours : avec Osys, ils évaluent et traitent la rhinoconjonctivite allergique, limitant les renvois vers les médecins.
Mise en place de protocoles de soins dirigés par les pharmaciens
En 2021, le programme Osys a été lancé pour permettre aux pharmaciens d'évaluer les symptômes à l'aide d'un arbre décisionnel validé avant de décider des soins à prodiguer, d'une orientation vers un autre professionnel ou d'un recours aux services d'urgence. Cette initiative visait à simplifier la prise en charge des problèmes de santé mineurs et à réduire les consultations inutiles chez le médecin ou aux urgences.La coopération locale élargit le rôle des pharmaciens
Dans des secteurs comme Antony, Bourg-la-Reine et Sceaux, dans le département des Hauts-de-Seine, les pharmaciens peuvent travailler dans le cadre de protocoles de coopération locaux avec un médecin délégant afin d'évaluer et de traiter certaines affections qui nécessitaient auparavant une ordonnance médicale. Cette collaboration permet aux pharmaciens d'offrir des soins adaptés aux besoins de santé locaux.Une expérimentation en soins de premier recours
Une expérimentation lancée par NèreS, une association de fabricants de produits de santé de premier recours, en partenariat avec le Leem et l'USPO, a testé des soins dirigés par les pharmaciens dans sept officines de Gironde. Les résultats ont montré que les pharmaciens pouvaient orienter correctement les patients et délivrer des produits de santé sans ordonnance médicale, en suivant un protocole validé.Plaidoyer de l'industrie pour les soins de premier recours
NèreS représente des entreprises pharmaceutiques qui fabriquent des produits de santé de premier recours, disponibles sans ordonnance dans de nombreux pays européens. En France, en revanche, ces produits restent soumis à la prescription médicale. NèreS plaide pour la suppression de ces restrictions sans remettre en cause le remboursement, tandis que l'ANSM examine chaque molécule individuellement sur le plan de la sécurité.La capacité des pharmaciens à distinguer les options de soins
Les pharmaciens sont formés à évaluer les risques et à déterminer les soins appropriés en fonction des symptômes. Bien que certains protocoles, comme ceux destinés à la prise en charge des maux de tête, existent, ils sont rarement utilisés. Les pharmaciens s'appuient souvent sur leur jugement pour donner des conseils ou délivrer un médicament en vente libre, comme le paracétamol, lorsqu'ils n'identifient aucun risque grave.Plusieurs dispositifs coexistent pour les soins des pharmaciens
Plusieurs dispositifs, notamment Osys, les protocoles de coopération et les conseils officiels, peuvent être utilisés par les pharmaciens selon la situation. Ces dispositifs se complètent, ce qui permet aux pharmaciens de choisir l'approche la plus adaptée. Certains ne s'appliquent qu'à des groupes de patients ou à des affections précises.Un modèle de tri soutenu par les syndicats
Le modèle de tri Osys, qui repose sur des évaluations réalisées par les pharmaciens, bénéficie du soutien des syndicats. Ceux-ci plaident pour son intégration dans les conventions collectives et pour une juste rémunération des pharmaciens au titre de leur rôle dans les soins de premier recours. Ils insistent également sur la nécessité d'intégrer les outils de collecte de données aux logiciels de gestion des officines.Aspects financiers et opérationnels des soins pharmaceutiques
Le modèle Osys prévoit une rémunération forfaitaire des pharmaciens au titre de leur activité de tri, indépendamment des médicaments délivrés ou des résultats des tests. Ce modèle a fait la preuve de son efficacité sur le plan opérationnel : les pharmaciens l'utilisent pour prendre en charge des affections comme la cystite et l'angine, ce qui a entraîné une hausse des ventes de produits associés.Autonomie des pharmaciens et collaboration avec les médecins
Les pharmaciens exerçant dans des structures de coopération coordonnée, comme les CPTS, peuvent travailler de manière indépendante ou avec un médecin délégant. Si certains pharmaciens réclament une plus grande autonomie, d'autres soulignent que les médecins doivent rester au cœur du système de santé, en particulier pour les cas les plus complexes.Le rôle des pharmaciens dans les soins non programmés
Une étude menée par le syndicat régional des professionnels de santé du Grand Est a montré que les pharmaciens peuvent prendre en charge efficacement un grand nombre de demandes de soins non programmés. Toutefois, nombre d'entre eux n'ont pas de formation spécifique dans ce domaine, et ils expriment un fort désir de reconnaissance et d'une rémunération adaptée à leur rôle.L'avenir des soins de premier recours dirigés par les pharmaciens
L'objectif est de généraliser les soins de premier recours dans toutes les officines, sur le modèle de ce qui se pratique pour des affections comme la cystite et l'angine. Cela permettrait aux pharmaciens d'agir de manière indépendante, de dispenser les soins nécessaires et d'être remboursés pour les médicaments délivrés, réduisant ainsi, dans de nombreux cas, le besoin d'orientation vers un médecin.Protocoles locaux pour des affections spécifiques
Dans certaines zones, comme l'île d'Oléron, des protocoles de coopération locaux permettent aux podologues de prendre en charge des affections précises, comme les ongles incarnés. Ces protocoles impliquent une formation spécifique, la validation par un médecin délégant et un suivi par d'autres professionnels de santé, garantissant des soins sûrs et efficaces pour les patients.