Les pharmaciens proposent des visites à domicile pour les personnes âgées

L'Ordre national des pharmaciens a suggéré la mise en place de « visites pharmaceutiques à domicile » pour les personnes âgées, dans le cadre de son plan visant à répondre au vieillissement de la population et à la tendance croissante aux soins à domicile. Cette proposition figure dans le deuxième axe de réflexion de l'organisation, qui porte sur l'amélioration de la prise en charge des patients en rapprochant les services des personnes.

Les infirmiers expriment des inquiétudes quant aux doublons

Daniel Guillerm, président de la Fédération nationale des infirmiers (FNI), a exprimé des réserves sur cette proposition, estimant qu'elle pourrait faire double emploi avec les missions existantes des infirmiers. Il a souligné que les infirmiers et les pharmaciens ont des rôles complémentaires, les soins infirmiers constituant le domaine principal des soins à domicile.

Les pharmaciens ont un accès limité aux outils médicaux

M. Guillerm a fait remarquer que, si les pharmaciens ont accès au Bilan partagé de médication (BPM), seulement 15 % des pharmacies en France ont utilisé cet outil, selon la Caisse nationale de l'Assurance maladie. Il a affirmé que les pharmaciens devraient se concentrer sur l'utilisation des ressources existantes plutôt que d'étendre leur rôle à des domaines déjà gérés par les infirmiers.

La présence des pharmacies recule dans des zones clés

La FNI s'est également inquiétée de la diminution du nombre de pharmacies, soulignant que le nombre de titulaires d'officine a baissé de près de 12 % en dix ans. Selon le rapport annuel sur la démographie pharmaceutique, cette baisse soulève des questions sur la faisabilité d'envoyer des pharmaciens à domicile dans les zones où les services pharmaceutiques sont déjà limités.

Les infirmiers proposent des solutions alternatives

En réponse à la proposition des pharmaciens, la FNI a formulé trois contre-propositions. Il s'agit de permettre aux infirmiers de veiller au respect des traitements par les patients à domicile, de renforcer la collaboration entre infirmiers et pharmaciens à l'aide d'outils tels que le BPM, et d'octroyer aux infirmiers l'accès aux données de dispensation, auxquelles ils ne peuvent actuellement accéder que s'ils sont médecins, pharmaciens ou biologistes.

Pharmaciens et infirmiers ont des rôles distincts mais complémentaires

Daniel Guillerm a expliqué que les pharmaciens analysent les traitements, tandis que les infirmiers veillent à ce qu'ils soient correctement administrés. Il a insisté sur le fait que des problèmes liés aux médicaments, tels que les effets indésirables, les surdosages ou les hospitalisations évitables, nécessitent des efforts continus et non une visite unique. La dispensation, c'est-à-dire la remise des médicaments par le pharmacien, est un élément clé de ce processus et est encadrée par la loi française.