Jean Orizet, poète, anthologiste, voyageur et éditeur, est décédé à l’âge de 89 ans. Son épouse, Isabelle Orizet, a confirmé sa disparition mercredi 16 septembre à l’AFP. Né le 5 mars 1937 à Saint-Henry, un village situé entre Marseille et L’Estaque, il laisse derrière lui une œuvre poétique et prose traduite en une douzaine de langues. Orizet fut cofondateur de la revue Poésie 1 et, avec Philippe Héraclès, des éditions Cherche Midi, consacrant plus de six décennies à la promotion et à l’édition de la poésie. Il a contribué à la création de Poésie 1 à la fin des années 1960, avec l’ambition de toucher un public plus large que les revues poétiques traditionnelles. Vendue à bas prix, la publication a contribué à faire d’Orizet un médiateur culturel, déterminé à rendre la poésie accessible à un plus grand nombre sans pour autant la simplifier. Cette mission s’est poursuivie dans l’édition. En 1978, il fonde avec Philippe Héraclès les éditions Cherche Midi. Leur partenariat a allié des approches différentes : Héraclès apportait humour et irrévérence, tandis qu’Orizet se concentrait sur la poésie. Avec le temps, la maison d’édition a élargi son catalogue à la littérature française et internationale, aux documents, témoignages, essais et beaux livres. Orizet a dirigé Cherche Midi pendant près de trois décennies, jusqu’à son intégration au groupe Editis en 2005. Il a également publié ses propres œuvres et plusieurs anthologies, dont Les Cent Plus Beaux Poèmes de la langue française. Sa carrière littéraire personnelle a débuté avec Errance, paru en 1962. Voyageur infatigable, il a souvent exploré dans ses écrits les thèmes du déplacement, de la mémoire et du temps. Dans les années 1970, il a développé le concept de « l’entre-temps », qu’il a formalisé plus tard dans Histoire de l’entretemps, publié par La Table Ronde en 1985. Il a ensuite fait paraître de nombreux recueils et récits, dont Le Voyageur absent, La Peau du monde, La Cendre et l’étoile et Le Regard et l’Énigme, qui regroupait cinquante ans de poésie en 2008. Ses voyages ne se limitaient pas à ses livres : il a mené de nombreuses missions à l’étranger pour les services culturels du ministère des Affaires étrangères et pour l’Alliance française. Orizet a reçu plusieurs distinctions prestigieuses pour son œuvre, dont le prix Max-Jacob et le prix Guillaume-Apollinaire. En 1991, il s’est vu décerner le Grand Prix de poésie par l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. La Société des Gens de Lettres l’a également honoré de son Grand Prix de poésie en 2009. Élu à l’Académie Mallarmé en 1981, il en a été le secrétaire général, puis le président, avant d’en devenir président d’honneur. Il a aussi occupé des fonctions dirigeantes au PEN Club français, dont il a été le président dans les années 1990. En 2025, à près de 88 ans, il a publié L’Étincelle du temps aux éditions Glyphe. Décrit comme un mélange de mémoires, de journal intime et de prose poétique, l’ouvrage revenait sur son parcours de lecteur, d’éditeur, de voyageur et de poète, ainsi que sur son amitié avec l’écrivain Claude Érignac.