Travailleurs et militants écologistes de Gennevilliers s'unissent pour défier les géants de la logistique, bloquant les autoroutes et se battant pour un avenir plus vert et plus juste.
Une alliance inattendue se forme
Dans le port de Gennevilliers, une alliance inattendue s'est nouée entre des travailleurs et des militants écologistes. Ensemble, ils bloquent des autoroutes et font échouer de grands projets d'entrepôts, dans l'espoir d'un avenir meilleur. Cette collaboration a donné lieu à des actions marquantes, comme le blocage de péages et la contestation de l'extension d'infrastructures qui nuisent à l'environnement et aux communautés locales.Blocage d'un péage et gaz lacrymogène
Le samedi 17 octobre, des militants d'Earth Rising et des salariés syndiqués de Geodis, entreprise de logistique, ont bloqué l'autoroute A4 près du péage de Coutevroult, en Seine-et-Marne. Ils ont utilisé des barrières recouvertes de ruban adhésif et des caméras aveuglées pour empêcher les automobilistes de payer le péage. Le groupe a tenu le péage pendant une demi-heure, sous les gaz lacrymogènes, avant d'être dispersé par la police. Ils ont eu recours à des mégaphones et aux réseaux sociaux pour dénoncer la hausse des prix du carburant et la « marchandisation des routes ».Objectifs communs et actions à venir
Les militants et les salariés se séparent pendant quelques jours, avant de se retrouver le jeudi 22 octobre pour protester contre la répression syndicale et les licenciements au siège de la SNCF, à Saint-Denis. Les militants d'Earth Rising soutiennent les salariés, qui se battent depuis longtemps pour de meilleures conditions de travail. Cette convergence des luttes a commencé plus tôt, pendant la mobilisation contre Green Dock, un projet logistique controversé qui a finalement été abandonné en février 2026.Une alliance qui se renforce dans la lutte
L'alliance entre Earth Rising et les salariés de Geodis s'est consolidée au fil du temps. Lors d'une grève pour de meilleurs salaires en 2025, des militants d'Earth Rising ont aidé à bloquer des camions pour soutenir les grévistes. Ils ont même partagé de la nourriture et semé la confusion chez les policiers en échangeant leurs gilets. Cette coopération a permis une compréhension plus profonde et un soutien mutuel, remettant en question l'idée que les enjeux sociaux et environnementaux seraient séparés.Conditions de travail dans le port de Gennevilliers
Le port de Gennevilliers est un grand pôle logistique, qui compte 8 000 salariés et 250 entreprises. Les conditions de travail y sont difficiles : tâches répétitives, bruit et accès limité à l'eau potable. Dans les entrepôts, les travailleurs sont souvent confrontés à la chaleur et à une forte pénibilité physique. Malgré ces difficultés, ils continuent de lutter pour de meilleures conditions et pour un avenir plus durable.Green Dock et la lutte contre le projet
Green Dock était un projet logistique qui prévoyait la construction de deux immenses bâtiments près de la Seine, menaçant une zone protégée au titre de Natura 2000. Le projet était combattu par des riverains, des salariés et des militants écologistes. Après une enquête publique et une évaluation environnementale, la ville de Gennevilliers a refusé le permis de construire en février 2026. Les militants et les salariés y ont vu une victoire, à la fois pour la défense de l'environnement et pour celle des droits des travailleurs.Construire un avenir commun
Salariés et militants ont commencé à réfléchir à une alternative au site de Green Dock, désormais abandonné. Ils imaginent un port plus durable et plus favorable aux travailleurs, avec des espaces ombragés, un recours au transport ferroviaire et de meilleurs services publics. Alors que le maire prévoit un développement économique pour l'avenir, les salariés et les militants poursuivent leur combat pour une approche ascendante de la planification et de la gouvernance.Une vision du changement
L'alliance entre salariés et militants écologistes a fait naître de nouvelles idées pour transformer le port de Gennevilliers. Ils rêvent d'un modèle coopératif dans lequel les travailleurs auraient davantage de contrôle sur leur environnement et sur leurs conditions de travail. Si des défis demeurent, leur collaboration montre que les luttes sociales et environnementales peuvent se rejoindre dans la recherche d'un avenir meilleur.