Des agriculteurs de la Châtaigneraie rencontrent des gendarmes pour aborder vols, tensions et inquiétudes de sécurité touchant les campagnes.
Réunion entre la gendarmerie et des agriculteurs
Le 27 octobre, une réunion s'est tenue à Châtaigneraie, à Leynhac, entre la gendarmerie et une quinzaine d'agriculteurs afin d'aborder différentes questions touchant l'agriculture, notamment les vols, les conflits avec les nouveaux arrivants et les escroqueries numériques.Représentants de la gendarmerie et thèmes abordés
La gendarmerie était représentée par le commandant Train, à la tête de la communauté de brigades de Maurs-Saint-Mamet depuis le mois d'août, et par l'adjudant-chef Dehay. La discussion, lancée par Jean-Noël Fau de la FDSEA, a porté sur des sujets tels que la sécurité des exploitations, les conflits avec des personnes peu familiarisées avec les pratiques agricoles, et la réglementation relative à la circulation des engins agricoles sur les routes.Préoccupations en matière de sécurité et solutions
Les agriculteurs ont exprimé leur inquiétude face à la hausse des prix du carburant et des métaux, qui fait craindre des vols de boîtiers GPS, d'outils et de machines stockés dans des bâtiments agricoles facilement accessibles. L'adjudant-chef Dehay a fait remarquer qu'un simple cadenas ne suffit pas toujours à dissuader les voleurs et que, si un chien peut donner l'alerte, il présente des limites pour les bâtiments isolés. Des caméras de surveillance ont été proposées comme solution pour surveiller les lieux et alerter les agriculteurs à distance.Nature des vols sur les exploitations et incidents récents
Le gendarme Dehay a expliqué que la délinquance dans le Cantal est principalement itinérante et commise par des professionnels organisés, souvent à proximité des grands axes routiers comme l'A75. L'exploitation Bonnafoux, à Rageade, a récemment été victime d'un tel incident, et la citerne de la mairie de Quézac a également été vidée.Diagnostics de sécurité et programmes d'inscription
Deux militaires peuvent réaliser gratuitement des diagnostics de sécurité des exploitations, afin de déterminer les mesures de protection les plus adaptées. L'adjudant-chef Dehay a également invité les agriculteurs à s'inscrire auprès de la gendarmerie dans le cadre de l'opération Tranquillité entreprises et commerces, afin que leurs coordonnées et les informations relatives à la surveillance soient enregistrées.Signaler les activités suspectes
Les agriculteurs ont été encouragés à signaler tout véhicule ou toute personne suspects en composant le 17, jour et nuit. Un agriculteur a témoigné d'un signalement de véhicule suspect qui avait permis de découvrir une tronçonneuse volée chez un voisin.Tensions avec les nouveaux habitants
Les agriculteurs ont fait part de leur inquiétude face aux critiques dont leurs pratiques font l'objet de la part de nouveaux habitants de la région. Ils craignent d'être filmés lors des traitements des cultures et que la vidéo soit diffusée sur les réseaux sociaux accompagnée de commentaires négatifs, alors même qu'ils respectent la réglementation.Faire face aux fausses accusations et aux défis numériques
L'adjudant-chef Dehay a indiqué que les réponses pénales aux fausses accusations sont prudentes et que le retrait de vidéos diffamatoires des plateformes numériques peut être une procédure longue. Certains agriculteurs estiment que certaines pratiques, comme l'épandage d'engrais en soirée, sont mal comprises par les nouveaux habitants.Difficultés liées à la réglementation agricole
Jean-Noël Fau a témoigné avoir été dénoncé pour avoir temporairement endommagé une route lors d'un chantier agricole. Il a expliqué avoir installé un panneau de signalisation, mais les gendarmes ont souligné que des investigations sont nécessaires et qu'une exonération est possible si elle est justifiée.Incivilités en milieu rural et deux poids, deux mesures
Denis Boudou a souligné un sentiment croissant d'incivilité en milieu rural, comme le fait d'être klaxonné lors du déplacement de bétail ou lorsqu'on conduit un tracteur. Les agriculteurs estiment qu'une logique de « deux poids, deux mesures » prévaut, notamment en ce qui concerne les free parties organisées sur des terres agricoles, qui semblent entraîner moins de conséquences que des actions similaires menées par des professionnels.Prévenir les rassemblements illégaux
Les gendarmes ont reconnu qu'il est difficile d'empêcher l'installation de rassemblements illégaux une fois qu'ils sont en place, et qu'ils comptent sur les agriculteurs pour signaler ces incidents. Des réunions similaires ont déjà eu lieu à Siran et à Saint-Étienne-de-Chomeil.Vol récent à l'exploitation Bonnafoux
Le Gaec du Cèdre bleu, également connu sous le nom d'exploitation Bonnafoux, à Rageade, a été victime d'un vol les 23 et 24 octobre. Un véhicule utilitaire contenant environ 200 kg de fromage a été dérobé, et les dégâts sont estimés à plus de 2 600 euros. Le véhicule a ensuite été retrouvé incendié à Lubilhac, en Haute-Loire.Enquête sur le vol
La nature du vol, opportuniste ou commandé, fait l'objet d'une enquête. Les membres de l'exploitation demandent aux consommateurs de signaler toute présence possible des fromages volés, en particulier sur les marchés.Sécurité et tendances de la criminalité dans le Cantal
Le commandant Train a noté que le Cantal demeure un territoire sûr, avec une baisse des vols sur les exploitations agricoles enregistrée par les forces de sécurité intérieure en France entre 2016 et 2025. Les biens ciblés ont évolué : les vols de GPS agricoles ont fortement augmenté jusqu'en 2024 avant de reculer en 2025, ce qui indique une criminalité plus organisée.