Une nouvelle analyse de l'ADN ancien suggère que les premiers humains ont atteint les Amériques il y a 20 000 à 14 000 ans, remettant en cause les théories antérieures et soulignant les débats en cours.
Nouvelle étude sur la date d'arrivée des humains en Amériques
Une nouvelle analyse de l'ADN ancien suggère que les premiers humains sont arrivés en Amériques il y a entre 20 000 et 14 000 ans, en particulier pendant le dernier maximum glaciaire et après sa fin. Ces premiers habitants seraient les ancêtres des Amérindiens actuels, qui auraient pu se répandre le long de la côte du Pacifique après leur arrivée pendant la phase la plus froide de la dernière ère glaciaire.Débat sur le moment où les humains ont atteint les Amériques pour la première fois
Déterminer à quel moment les premiers humains ont atteint les Amériques fait l'objet d'un débat de longue date. Les preuves archéologiques et fossiles sont rares ou sujettes à controverse. L'hypothèse de Clovis, qui a longtemps dominé le débat, situait les premières implantations il y a environ 13 500 ans. Cependant, des sites antérieurs à Clovis ont depuis été découverts, remettant en question cette vision.La Béringie comme route migratoire
L'hypothèse de Clovis suggérait que des populations avaient migré depuis le nord-est de l'Asie via la Béringie, un pont terrestre qui reliait la Sibérie à l'Alaska pendant les périodes glaciaires. On pensait que cette route s'était ouverte grâce à un corridor libre de glace à la fin de la dernière ère glaciaire. Toutefois, des découvertes archéologiques laissent penser que les humains ont pu atteindre les Amériques plus tôt, avant que ce corridor ne soit accessible.Plusieurs modèles de migration examinés
Des chercheurs de l'Université du Kansas ont examiné trois grands modèles migratoires afin de déterminer à quel moment les premiers humains sont arrivés. Ces modèles suggèrent des arrivées avant, pendant ou après le dernier maximum glaciaire, chacun reposant sur des interprétations différentes des données génétiques, archéologiques et environnementales.Indices génétiques et environnementaux
L'étude a analysé l'ADN ancien afin de retracer les séparations entre populations, a examiné des sites archéologiques à la recherche de traces d'activité humaine, et a utilisé des données environnementales pour déterminer à quel moment les conditions glaciaires ont pu permettre la migration. Les archives paléoclimatiques indiquent que, pendant le dernier maximum glaciaire, une grande partie de l'Amérique du Nord et de la Béringie était recouverte de glace, ce qui pourrait avoir favorisé une route migratoire côtière.Le calendrier de la migration correspond à il y a 14 000 à 20 000 ans
L'étude, publiée dans la revue Current Opinion in Genetics & Development, suggère que les données sont plus compatibles avec une migration survenue il y a entre 14 000 et 20 000 ans. Les données génétiques indiquent que les populations ancestrales se sont séparées il y a environ 15 000 ans, mais cela ne correspond pas nécessairement à une date précise de migration. Ces groupes se sont ensuite dispersés à travers les Amériques en plusieurs vagues.Une arrivée plus ancienne non confirmée
Si certains sites archéologiques suggèrent une présence humaine antérieure à 25 000 ans, les données génétiques ne permettent pas de confirmer cette chronologie de façon concluante. Il est possible que ces premiers groupes n'aient laissé aucune trace génétique dans les populations actuelles, ou que leur ADN n'ait pas encore été identifié. L'étude souligne la complexité de la conciliation entre les preuves archéologiques et les preuves génomiques.