Une hausse des prix mondiaux des minerais profite à plusieurs économies africaines, dont la République démocratique du Congo (RDC), la Zambie et le Ghana, selon la Banque mondiale. Le prix du cuivre a frôlé les 14 500 dollars la tonne, tandis que celui de l’or reste supérieur à 4 300 dollars l’once. L’écart entre les cours actuels et ceux de 2025 représente des milliards de dollars de recettes d’exportation pour ces pays. Les données mensuelles publiées par la Banque mondiale le 2 octobre, connues sous le nom de « Pink Sheet », montrent que plusieurs métaux atteignent des niveaux exceptionnels, dans un contexte de hausse des prix du pétrole et des céréales. Le cuivre a atteint en moyenne 14 474 dollars la tonne en septembre, contre 9 947 dollars sur l’ensemble de l’année 2025, soit une augmentation de plus de 45 %. Le cuivre s’échangeait déjà à 14 326 dollars la tonne en août. Le zinc a franchi le seuil des 4 000 dollars la tonne, et l’aluminium reste au-dessus de 3 280 dollars.
La République démocratique du Congo et la Zambie, premiers producteurs de cuivre du continent, sont en première ligne face à cette tendance. Le cuivre et le cobalt représentent la majorité des exportations minières congolaises et une part importante des recettes de change. Dans son rapport sur la RDC publié au début de l’année, le Fonds monétaire international (FMI) tablait sur des prix à l’exportation du cuivre compris entre environ 9 000 et 10 000 dollars la tonne pour les années à venir. L’institution attribuait en partie la stabilité du franc congolais depuis fin 2025 à un déficit du compte courant en diminution, porté par « l’évolution favorable des prix des minerais d’exportation ». Les réserves internationales ont atteint 8,8 milliards de dollars à la fin mars, un niveau encore légèrement inférieur au seuil de trois mois d’importations. Le FMI a également relevé un léger ralentissement du secteur extractif, l’amélioration étant davantage liée aux prix qu’aux volumes. Si le cuivre se maintient autour de 14 500 dollars, la valeur des exportations congolaises augmentera mécaniquement, ce qui se traduira par davantage de devises et de recettes fiscales minières. Toutefois, chaque dollar supplémentaire ne se retrouvera pas nécessairement dans les caisses de l’État. La part des rentes captées par Kinshasa dépendra des contrats miniers, des coûts des opérateurs et du régime fiscal, ainsi que de la capacité du pays à augmenter effectivement sa production.
En Zambie, le cuivre représente les deux tiers des exportations. Dans son rapport de février 2026, consacré à la sixième et dernière revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit, le FMI prévoyait des exportations de biens d’environ 14,7 milliards de dollars en 2026, dont près de 9,7 milliards pour le cuivre seul. Le métal représente ainsi environ les deux tiers des recettes d’exportation du pays. L’institution a également mesuré la vulnérabilité de la Zambie aux prix : une baisse de 10 % des cours du cuivre en 2026 aurait suffi à transformer l’excédent du compte courant attendu de 1,7 % du PIB en un déficit de 0,6 %. Avec un cuivre supérieur de près de 45 % à sa moyenne de 2025, le mécanisme joue désormais en sens inverse. Cette hausse des prix intervient alors que Lusaka s’est fixé pour objectif d’augmenter sa production de cuivre à trois millions de tonnes par an d’ici 2031 et cherche à consolider sa reprise après le défaut de paiement de 2020 et la restructuration de sa dette. À volumes constants, la hausse améliore déjà les termes de l’échange. Si la production suit, l’effet sur les exportations et les devises sera encore plus marqué, et les recettes publiques pourraient en bénéficier.
Au Ghana, l’or s’est échangé en moyenne à 4 319 dollars l’once en septembre, en légère baisse par rapport à août (4 411 dollars), mais reste bien au-dessus de sa moyenne de 2025 (3 442 dollars) et de celle de 2024 (2 388 dollars). Le Ghana illustre parfaitement cette tendance. Selon le FMI, l’or représente désormais plus de la moitié des exportations ghanéennes, contre seulement un cinquième en 2021. La hausse des prix, l’augmentation de la production et une meilleure capture de l’or artisanal ont significativement amélioré le solde du compte courant. Le cedi s’est apprécié de 41 % face au dollar en termes nominaux en 2025. La même année, le pays a exporté 104 tonnes d’or issu de l’exploitation alluviale et des petites mines, pour une valeur de 10,9 milliards de dollars, soit 9,5 % du PIB, selon le rapport du FMI publié en août.
D’autres grands producteurs du continent, de l’Afrique du Sud au Mali en passant par le Burkina Faso, bénéficient, à des degrés divers, de ces niveaux de prix. Pour les économies importatrices de pétrole et de denrées alimentaires, la flambée des matières premières se traduit par une inflation plus élevée et une facture extérieure plus lourde. En revanche, les pays miniers voient leurs termes de l’échange s’améliorer significativement. La traduction de ces gains dans les finances publiques reste, elle, incertaine.
La hausse des prix des minerais profite aux exportateurs africains, mais les gains fiscaux restent incertains
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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