Le RN réclame la démission du gouverneur de la Banque de France

Le Rassemblement national (RN) a exigé la démission d'Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, après qu'il a évoqué la possibilité d'adopter un budget sans l'approbation du Parlement. Le parti reproche à Moulin de sortir de son rôle et de s'aligner sur les politiques du président Macron.

Le RN accuse Moulin de partialité politique

Jean-Philippe Tanguy, député du RN, a accusé Moulin d'avoir « franchi la ligne rouge » en suggérant qu'un budget pourrait être adopté sans vote du Parlement. Il lui reproche de se comporter en macroniste et affirme que le gouverneur doit démissionner immédiatement.

La position plus large du RN sur la neutralité

Cet appel fait suite à des demandes similaires de la présidente du RN, Marine Le Pen, qui avait déjà réclamé la démission de Richard Ferrand, président du Conseil constitutionnel, à cause de ses décisions concernant les révisions constitutionnelles. Tanguy a souligné que les responsables d'institutions comme la Banque de France et le Conseil constitutionnel doivent rester neutres et éviter toute implication politique.

Moulin défend les mécanismes constitutionnels

Lors de la réunion du Fonds monétaire international (FMI) à Bangkok, Moulin a appelé les responsables politiques français à assumer leur responsabilité dans l'adoption d'un budget, en citant des dispositions constitutionnelles comme l'article 49.3. Il a déclaré que la Banque centrale européenne et la Banque de France ne pouvaient pas résoudre le blocage parlementaire et que le gouvernement et le Parlement devaient agir.

Les options française pour l'adoption du budget

La Constitution française prévoit plusieurs moyens d'adopter ou de mettre en œuvre un budget sans majorité parlementaire. Il s'agit notamment de l'article 49.3, qui permet une adoption sans vote, sauf si une motion de censure est adoptée, et de l'article 47, qui autorise le recours aux ordonnances dans certaines conditions.

Le gouvernement envisage de recourir à l'article 49.3

Sébastien Lecornu, ministre de l'Écologie, n'exclut pas de recourir à l'article 49.3 pour adopter le budget 2027, actuellement examiné à l'Assemblée nationale. Le gouvernement vise à ramener le déficit public à 5 % du PIB l'an prochain, mais ne dispose pas d'une majorité parlementaire pour faire voter le budget.

La gauche condamne les propos de Moulin

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI), a vivement critiqué les déclarations de Moulin, le qualifiant de « commis de Macron » et demandant que Christine Lagarde, directrice générale du FMI, réagisse à ce sujet. Mélenchon avait déjà qualifié les mises en garde de Moulin de « trahison » et suggéré qu'il pourrait faire l'objet de poursuites judiciaires pour ses propos.