Jean-Luc Mélenchon, figure politique majeure et candidat à la présidentielle pour le parti de gauche La France Insoumise (LFI), a accusé Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, de « trahison » après que ce dernier a rendu publiques ses déclarations sur la situation économique française. Mélenchon a fait ces remarques le 6 octobre, en réaction aux propos tenus par Moulin dans The Financial Times, où il mettait en garde contre des tensions financières pour la France si elle ne s’attaquait pas à la hausse des taux d’intérêt et exhortait le pays à « rester maître de son destin ». Moulin a également soutenu la proposition budgétaire récente du gouvernement, visant à réduire les dépenses et le déficit public. Il a affirmé que ces mesures permettraient de « rassurer les marchés » et a souligné que « la France n’est pas la Grèce de la crise de l’euro », en référence à la crise de la dette européenne de 2010 qui avait durement frappé l’économie grecque. Mélenchon a critiqué Moulin pour avoir, selon lui, incité les investisseurs étrangers, ou « spéculateurs », à faire pression sur la France en raison de ses propres propositions économiques. Il a prévenu que Moulin aurait à en répondre juridiquement lors des élections de 2027, affirmant qu’il n’y aurait « pas de prescription ». Mélenchon a également accusé certaines « élites » de créer une crise pour influencer l’opinion publique. Plus tôt, il avait proposé d’annuler 18 % de la dette publique française détenue par la Banque de France et la Banque centrale européenne, soit plus de 600 milliards d’euros, principalement en raison de l’impact économique de la pandémie de Covid-19. Il a argumenté que cette dette était en réalité due à elle-même et ne coûterait rien à personne. Emmanuel Moulin s’est fermement opposé à cette idée, la qualifiant d’« illégale », « dangereuse » et « inutile » dans une déclaration du 11 septembre. Il a prévenu qu’une telle mesure violerait les traités internationaux, provoquerait de l’inflation et ne permettrait pas de réduire le déficit public. Des économistes ont débattu des conséquences potentielles de la proposition de Mélenchon, certains s’inquiétant des réactions des marchés. En août, Olivier Faure, membre du Parti socialiste, avait reconnu la nécessité d’un débat tout en mettant en garde contre d’éventuels effets négatifs sur la confiance des investisseurs. Mathilde Panot, dirigeante de LFI, a souligné que son parti s’opposerait aux politiques gouvernementales lors du vote du budget, quel qu’en soit le résultat. Sur les marchés financiers, le taux d’emprunt à dix ans de l’État français est descendu à 4,75 % le 5 octobre, en baisse par rapport à son pic de 4,98 % de la semaine précédente. Cela suggère que le sentiment des investisseurs pourrait s’être stabilisé, bien que les débats économiques et politiques plus larges continuent de se dérouler.