À l’ère de l’intelligence artificielle, la question de savoir si une photographie est réelle ou générée par ordinateur est devenue plus pertinente, notamment dans des domaines comme la photographie animalière. Chloé Pang, porte-parole de la Station ornithologique suisse, a expliqué comment la station gère son concours photo annuel. Après avoir annoncé les lauréats de l’édition 2026, celle-ci a partagé des détails sur la manière dont le jury évalue les candidatures. Selon Pang, très peu d’images générées par IA ont été soumises en 2026, probablement parce que les participants savent que de telles images ont peu de chances de passer l’examen minutieux du jury d’experts. Lorsque les photos arrivent, l’équipe les examine pour détecter d’éventuels signes d’artificialité ou de retouches excessives. Les photographes sont autorisés à retoucher leurs images, par exemple en ajustant la luminosité, mais uniquement dans certaines limites. Chaque candidature doit inclure à la fois la version originale et la version retouchée de la photo. Le jury ne se contente pas d’évaluer la qualité technique ; il prend aussi en compte la difficulté à capturer le comportement de l’espèce dans la photo. L’image doit avoir été prise de manière éthique, sans déranger la faune, même si cela n’est pas toujours possible. Les photos qui semblent trop mises en scène ou pour lesquelles il y a des raisons de croire que le photographe a stressé ou perturbé les oiseaux sont exclues. Certains photographes utilisent des méthodes peu conventionnelles, comme frapper sur des troncs d’arbres pour inciter les hiboux à sortir, a précisé Pang. Ces dernières années, on observe une augmentation notable du nombre de photographes originaires d’Europe de l’Est participant au concours et y remportant des prix. En 2026, six des treize photos primées ont été prises par des naturalistes polonais. Pang estime que cela pourrait s’expliquer en partie par la présence de sites d’observation ornithologique idéaux dans des pays moins urbanisés que l’Europe de l’Ouest. La Hongrie, par exemple, possède de grands lacs naturels situés le long d’importantes routes migratoires. Pour la Pologne, la forêt de Białowieża, rare exemple de forêt primaire, a peut-être contribué à une sensibilité accrue à la nature et à un intérêt croissant pour la photographie chez les Polonais. La photo primée du grand prix 2026 montre un garrot à œil d’or plongeant à la surface d’un plan d’eau. Le cliché préféré de Pang est une photo de pigeon ramier avalant des baies, qu’elle décrit comme ressemblant à une peinture de la Renaissance avec une nature morte.