L'armée française dévoile un système de commandement fondé sur l'IA

Le général Fabien Mandon, chef d'état-major des armées (CEMA), a présenté le projet Arcadia lors d'une audition parlementaire le 8 octobre 2026. Arcadia est un futur logiciel de commandement destiné aux forces armées françaises, conçu pour s'appuyer largement sur l'intelligence artificielle.

Arcadia vise l'indépendance technologique européenne

Arcadia a été présenté à l'Association des journalistes de défense le 29 septembre 2026, au Mont-Valérien, près de Paris. Ce logiciel est destiné à intégrer l'ensemble des données militaires sans recourir à des éditeurs américains comme Palantir. Le général Mandon a souligné la nécessité de cette démarche en raison de l'influence technologique américaine au sein de l'OTAN, appelant la France à éviter toute dépendance à des solutions américaines et à privilégier une alternative européenne pour le contrôle de l'IA et des données.

Arcadia fonctionne comme un système de commandement militaire unifié

Décrit comme un système C2 (commandement et contrôle), Arcadia permet aux états-majors de suivre la position de leurs unités, de recueillir des renseignements et de préparer les ordres. La Commission numérique de défense (CND) le qualifie de « système de commandement interarmées souverain centré sur la donnée et renforcé par l'IA ». Il est destiné à servir l'armée de Terre, la Marine et l'armée de l'Air et de l'Espace, en remplacement des systèmes informatiques fragmentés actuellement utilisés par le ministère des Armées.

Arcadia intègre plusieurs systèmes militaires au sein d'une même plateforme

Le besoin d'un tel système découle de l'utilisation actuelle, par le ministère des Armées, de 1 500 à 2 000 systèmes d'information différents. Arcadia vise à les unifier au sein d'une plateforme unique et centralisée, désignée comme un « magasin C2 », à l'image des boutiques d'applications comme Google Play ou l'App Store. La CND décrit le système comme « ouvert, sécurisé et interopérable ».

Arcadia a été conçu avec la contribution de militaires

Le général Mandon a expliqué qu'Arcadia avait été développé en collaboration avec des personnels opérationnels et des programmeurs afin de répondre aux besoins réels des utilisateurs finaux. Il a cité un cas d'usage tiré de la récente crise en mer Rouge et dans le détroit d'Ormuz, où l'IA a permis de réduire à moins d'une minute de calcul des tâches manuelles complexes. Arcadia se positionne comme une alternative française à Maven, le logiciel de Palantir utilisé par l'OTAN.

Arcadia s'appuie sur des efforts antérieurs en matière d'IA militaire

La CND, créée en septembre 2025, pilote le développement d'Arcadia sous la direction du général Erwan Rolland. Arcadia succède au programme abandonné SIA C2 et s'appuie sur Artemis.IA, une plateforme de traitement de données développée par Athea, une coentreprise de Thales et d'Atos. Arcadia utilise un modèle de langage baptisé Berthier, comparable à ChatGPT, et a été développé avec Thales, Safran, Airbus et Mistral AI.

Arcadia suscite l'intérêt de alliés européens

Le général Patrick Justel, de l'armée de Terre, a indiqué que le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Pologne se montrent intéressés par Arcadia. Le chef d'état-major des armées a confirmé que la France a présenté le système à l'OTAN et a reçu des signes d'intérêt en Europe, de nombreux partenaires y voyant une alternative à Maven. Arcadia fait partie de plusieurs projets d'IA militaire du ministère, et doit entrer en service opérationnel complet d'ici la fin de 2027.

La France fait avancer d'autres projets d'IA militaire

La CND a également présenté un modèle de fondation souverain entraîné sur le supercalculateur militaire Asgard, capable de détecter et d'identifier des véhicules terrestres. L'armée dispose depuis le début de 2025 de son propre assistant conversationnel, GenIAI.intradef. Le ministère a par ailleurs annoncé un partenariat entre son agence de l'IA de défense et Mistral AI, la start-up française qui s'est alliée à l'entreprise allemande Helsing pour développer des modèles destinés au champ de bataille.

Thales propose à l'OTAN un logiciel fondé sur l'IA

Le 17 septembre 2026, Thales a proposé à l'OTAN son logiciel de commandement fondé sur l'IA, HexaForce, en s'appuyant sur les enseignements d'Arcadia et d'Artemis. Cette démarche illustre l'intérêt croissant pour les solutions d'IA développées en France au sein de la communauté militaire européenne et de l'OTAN.