L’organisation française de recherche et développement agricole Eloi a publié la troisième édition de son Baromètre de l’installation agricole, qui examine comment la sécheresse et la canicule de l’été 2026 ont affecté les agriculteurs en phase de lancement de leur projet ou en activité depuis moins de cinq ans. L’étude, basée sur les réponses de 221 personnes – dont 76 % sont des porteurs de projet et 24 % de jeunes agriculteurs –, a été menée entre le 18 et le 27 septembre. Ses résultats révèlent que, si la majorité des répondants ont été touchés par les conditions météorologiques extrêmes, très peu ont abandonné leurs projets. Seuls 4 % des personnes interrogées ont renoncé à leur projet agricole. Parmi les porteurs de projet, les conditions estivales difficiles ont ébranlé la confiance, sans pour autant provoquer un retrait massif du secteur. Huit agriculteurs sur dix ont déclaré que la météo avait eu un impact réel sur leur projet, mais 37 % comptent tout de même poursuivre leurs plans initiaux. Pour d’autres, l’été a suscité une réflexion : 28 % ont envisagé d’abandonner, mais seulement 4 % l’ont effectivement fait. Malgré ces défis, la confiance reste relativement solide, puisque 61 % des porteurs de projet expriment aujourd’hui une confiance assez ou très élevée dans leur réussite, contre 77 % en février 2026. L’étude montre également que la plupart des porteurs de projet s’adaptent plutôt qu’ils n’abandonnent. Quatre-vingt-seize pour cent d’entre eux poursuivent leur projet d’installation, bien que 93 % aient modifié au moins un aspect de leur plan en réponse à la crise agricole. Ces adaptations incluent l’ajout de nouvelles lignes d’investissement (43 %), l’augmentation des budgets (37 %), l’ajustement des rotations culturales ou des méthodes de production (35 %), ainsi que le changement des zones géographiques ciblées (28 %). Beaucoup ajustent aussi leurs calendriers de projet ou réduisent la taille de leurs exploitations. Les porteurs de projet accordent désormais une priorité absolue à l’accès à l’eau, 66 % d’entre eux soulignant son importance. D’autres critères clés incluent la présence de haies et d’arbres (62 %), l’autonomie fourragère (51 %), les adaptations des bâtiments à la chaleur (50 %) et la qualité des sols (45 %). Près de six porteurs de projet sur dix prennent en compte au moins trois de ces facteurs simultanément. Une fois installés, 92 % des agriculteurs déclarent avoir déjà modifié ou prévoient de modifier au moins un aspect de leur système de production, les méthodes de production et la gestion du bétail étant les domaines d’ajustement les plus fréquents. Eloi estime que, pour maintenir l’attractivité de l’agriculture, en particulier dans les zones les plus vulnérables au changement climatique, les exploitations doivent mettre en avant leur résilience à travers des pratiques adaptatives, l’autonomie des systèmes, la gestion de l’eau et les investissements existants. L’organisation souligne aussi la nécessité de mieux préparer les futurs agriculteurs en leur offrant des références techniques, des financements dédiés, des repères économiques et des opportunités d’échange de connaissances. De nombreux porteurs de projet estiment manquer de ces ressources : 42 % citent un manque de conseils techniques et 40 % évoquent un financement insuffisant.