Les librairies font état de dégâts après les violences d'octobre

Les librairies de toute la France évaluent les dégâts causés par les manifestations violentes qui ont eu lieu les 17 et 18 octobre. Le Syndicat de la librairie française (SLF), syndicat professionnel des libraires français, a mis en place une enquête en ligne pour mesurer la situation : 24 des 160 librairies interrogées ont été touchées par les troubles.

Des violences concentrées dans les grandes villes

Les librairies touchées se trouvent pour la plupart dans de grandes villes, notamment Nantes, Rennes, Montpellier, Paris, Caen, Grenoble, Nancy, Saint-Étienne, Le Havre, Nice, Lille, Metz, Marseille et Toulouse. Beaucoup de ces librairies ont dû fermer pendant plusieurs heures, voire davantage, et certaines ont subi des pertes de chiffre d'affaires pouvant atteindre 100 %.

Les librairies parisiennes décrivent des effets variés

À Paris, l'association Paris Librairies a interrogé 67 librairies réparties dans huit arrondissements, dont 31 ont répondu. Cinq ont signalé des dégradations ou des vols, huit ont constaté des effets sur leur activité ou sur le moral de leurs équipes, et 18 ont déclaré n'avoir subi aucun dommage. La Belle Lurette, dans le IVe arrondissement, a subi d'importants dégâts, avec des vitrines brisées et des articles volés, et prévoit de rouvrir le 23 octobre. Des graffitis ont également été signalés dans trois autres librairies.

Un coût économique et psychologique pour les librairies

Même les librairies épargnées par les dégradations matérielles ont dû faire face à des difficultés économiques et psychologiques. L'Acacia a décrit un « sentiment d'abandon et d'isolement total », tandis que Un Livre une tasse de thé, située au cœur des violences, est restée ouverte et a aidé des manifestants, mais s'inquiète des conséquences financières.

Le gouvernement propose un soutien financier

Le gouvernement français a mis en place plusieurs mesures d'aide à destination des librairies touchées, notamment un dispositif temporaire d'activité partielle, le report des paiements de cotisations sociales et d'impôts, un remboursement plus rapide des crédits d'impôt, des prêts à taux zéro pouvant aller jusqu'à 50 000 euros auprès de Bpifrance, ainsi qu'un fonds spécifique pour les petites entreprises. Les assureurs se sont également engagés à accélérer le traitement des demandes d'indemnisation, et un numéro vert national a été mis en place pour obtenir de l'aide.

Des réponses locales et nationales en cours

À Paris, la Ville recueille les témoignages des commerçants et des habitants. La maire a promis d'organiser des séances d'écoute et d'associer les maires d'arrondissement. Une rencontre avec le Premier ministre est prévue, et le ministère de la Culture continue d'exprimer son soutien. Toutefois, les solutions concrètes restent limitées, et l'ampleur réelle des conséquences des violences pour les librairies n'est pas encore connue.