Les élèves du lycée Roland-Garros au Tampon poursuivent leurs protestations contre un arrêté municipal interdisant les rassemblements à proximité de l’établissement les 8 et 9 octobre. Cet arrêté, signé par le préfet de La Réunion le 7 octobre, interdit « tout rassemblement, manifestation ou cortège de personnes ou de groupes » dans le secteur. Les lycéens réclament l’annulation de cette mesure, estimant qu’elle porte atteinte à leur droit de manifester. « Ce droit ne peut être sacrifié au nom d’une logique sécuritaire », affirment-ils, soulignant que les précédentes mobilisations près du lycée se sont déroulées sans incident majeur et que des mesures restrictives ne se justifient pas au regard de quelques désordres mineurs. Le mouvement critique la réponse des autorités, qu’il juge de plus en plus axée sur la sécurité. Il dénonce notamment le renforcement des effectifs policiers, l’utilisation de drones pour la surveillance et les contrôles au faciès sans justification claire. Lors d’une manifestation à Saint-Pierre le 5 octobre, deux drones ont été observés survolant la zone. Plus tard dans la journée, après le départ des journalistes, une dizaine de jeunes ont été interpellés et contrôlés par la police. Les lycéens formulent plusieurs revendications : davantage de moyens pour l’Éducation nationale, une réforme du système d’admission Parcoursup et des classes moins chargées. Ils demandent aussi à être écoutés sur un pied d’égalité avec les adultes et refusent que leur âge serve à limiter leurs droits. « Nos libertés fondamentales n’ont pas moins de valeur que celles des autres », rappellent-ils. Par ailleurs, le mouvement condamne fermement l’arrestation d’un lycéen à Saint-Paul le 5 octobre. Lors de cette interpellation, un policier a maintenu son genou sur la nuque de l’élève, déjà à terre et maîtrisé par un autre agent. Les élèves qualifient cet acte d’« inacceptable » et s’engagent à soutenir la victime ainsi que sa famille.