Un livre à paraître d’Aurélien Taché, membre du groupe parlementaire LFI (La France insoumise), doit être publié aux éditions Fayard, maison appartenant à Vincent Bolloré, qui contrôle également d’autres grands groupes éditoriaux comme Grasset. Cette annonce a suscité une polémique au sein de LFI et parmi les auteurs liés au mouvement États Généreux, qui défend les droits des auteurs et milite pour une réforme du secteur de l’édition. L’historien et écrivain Jean-Yves Mollier a qualifié cette décision de « coup de poignard dans le dos » pour les 520 auteurs engagés dans ce mouvement, qui luttent depuis des années pour réduire l’influence de Bolloré dans l’édition. Le mouvement États Généreux, actif depuis 2025, s’oppose à la mainmise de Bolloré sur le monde de l’édition. Des membres de LFI avaient jusqu’ici soutenu ces auteurs, y compris ceux travaillant chez Fayard ou Grasset, dans leur combat contre le contrôle exercé par Bolloré. Le 15 septembre 2026, Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire LFI, avait alors déclaré que le choix d’Aurélien Taché de publier chez Fayard relevait d’une décision personnelle et réaffirmé que LFI continuait de soutenir les auteurs luttant contre l’influence de Bolloré. Pourtant, Mollier et d’autres estiment que cette position est en contradiction avec l’engagement antérieur de LFI en faveur des auteurs ayant refusé de publier chez les entreprises de Bolloré. Aurélien Taché a justifié son choix en expliquant qu’il avait besoin de visibilité pour promouvoir ses idées sur la décolonisation de la langue française et qu’il était prêt à utiliser les médias contrôlés par Bolloré pour diffuser son message. Certains critiques, y compris au sein même de LFI, jugent que cette décision affaiblit les efforts du mouvement États Généreux. Ce dernier réclame notamment des modifications de la loi sur le droit d’auteur, avec l’introduction d’une clause de confiance, afin d’assurer un traitement plus équitable des auteurs. Plusieurs membres de LFI ont exprimé leur déception face à ce choix, tandis que d’autres s’interrogent sur la cohérence de la position du parti sur cette question. Cette controverse illustre les tensions entre les choix individuels et l’action collective au sein des mouvements politiques et culturels. Si Taché met en avant l’importance de la visibilité pour porter son message, ses détracteurs estiment que sa décision risque d’envoyer des signaux contradictoires à ceux qui se battent pour une plus grande autonomie dans le monde de l’édition. La situation révèle ainsi la complexité des liens entre politique, édition et création littéraire dans la France contemporaine.