La densité de dentistes varie selon les territoires de la région

La région compte davantage de dentistes que la moyenne nationale, avec 98 praticiens pour 100 000 habitants au 1er janvier 2025, selon l'Insee, contre 70 en France métropolitaine. Cet avantage apparent masque toutefois de fortes disparités dans l'accès aux soins dentaires.

L'accès dépend du lieu de résidence et du budget

Consulter un dentiste à Nice, Marseille ou Toulon demande des efforts différents selon le quartier où l'on vit et le budget dont on dispose. Les praticiens sont particulièrement nombreux dans les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône, tandis que le Var accuse un léger retard par rapport à ses voisins.

La répartition au sein des départements est inégale

Une moyenne par département ne dit rien de la répartition des cabinets et des centres à l'intérieur d'un même territoire. Un quartier central bien équipé peut être voisin de quartiers périphériques ou de communes de l'arrière-pays où obtenir un rendez-vous demande davantage de temps et de déplacements.

Le suivi des soins pâtit de cette difficulté d'accès

Ces disparités pèsent d'autant plus que de nombreux traitements nécessitent un suivi régulier, comme une prothèse, un traitement des gencives ou un parcours d'orthodontie, qui implique plusieurs rendez-vous échelonnés sur plusieurs semaines ou mois. La distance et la disponibilité des praticiens comptent autant que leur nombre.

Les zones éloignées rencontrent de plus grandes difficultés

Certains secteurs restent moins bien dotés, notamment les quartiers périphériques des grandes villes, certaines parties de l'arrière-pays ou les communes isolées à l'écart des grands axes de transport. Ces territoires peuvent compter moins de praticiens disponibles et des temps de trajet plus longs pour les patients, en particulier pour les personnes âgées ou celles qui ne conduisent pas. La desserte en transports en commun influence le choix du lieu de soins, notamment pour les patients qui doivent se rendre au cabinet ou au centre à plusieurs reprises.

Des incitations financières visent à réduire les déséquilibres

Pour corriger ces déséquilibres, la Caisse primaire d'assurance maladie propose une aide financière aux chirurgiens-dentistes libéraux qui choisissent de s'installer dans les zones les moins bien dotées. En contrepartie, les praticiens s'engagent à y exercer régulièrement pendant plusieurs années, faute de quoi une partie des sommes perçues doit être remboursée.

Les effets de ces mesures peuvent prendre du temps

Il faudra toutefois du temps pour mesurer l'effet de ces dispositifs sur la carte des lieux d'exercice, d'autant que le choix d'un lieu d'installation dépend aussi du logement, de la vie familiale ou de la présence de patients. Une aide financière seule ne suffit donc pas toujours à inciter un cabinet à s'implanter dans les territoires les moins bien dotés.

Deux grands modèles d'exercice coexistent

Au-delà de la question des implantations, l'offre repose sur deux modèles d'exercice présents dans toute la région. D'un côté, le chirurgien-dentiste libéral gère son propre cabinet, seul ou en groupe ; de l'autre, les praticiens d'un centre de santé dentaire sont salariés d'une structure à but non lucratif.

Les mêmes règles s'appliquent aux deux modèles

Quel que soit le modèle, les remboursements de la Caisse primaire d'assurance maladie restent les mêmes pour le patient. Le cadre applicable aux centres a par ailleurs été renforcé ces dernières années, avec une autorisation désormais obligatoire pour leurs activités dentaires et l'obligation d'afficher l'identité et les fonctions de leurs praticiens, afin que chaque patient sache qui le soigne.

La disponibilité des rendez-vous varie

Pour les patients, ces évolutions se traduisent d'abord par le délai nécessaire pour obtenir un rendez-vous, lequel peut varier selon le quartier, le type de soins recherchés et l'organisation de chaque cabinet ou centre. Si quelques semaines d'attente sont acceptables pour un contrôle de routine, une douleur ou des soins interrompus ne supportent pas les retards.

Les soins retardés ont des conséquences graves

Les patients engagés dans de longs traitements, comme une prothèse ou un parcours d'orthodontie, sont particulièrement sensibles, car chaque rendez-vous reporté décale l'ensemble du calendrier des soins. Ces retards se doublent de la question du coût, qui conduit certains patients à renoncer. Selon la Drees, la part de personnes ayant renoncé à des soins dentaires pour des raisons financières a nettement augmenté ces dernières années, et les ménages à faibles revenus sont les plus touchés.

Un traitement retardé peut devenir plus coûteux

Or, un traitement différé devient souvent plus complexe et plus onéreux par la suite, ce qui renforce l'importance d'une offre accessible et proche des habitants.