Éric Coquerel, député à l'Assemblée nationale et président de la commission des finances du groupe politique La France insoumise, s'est exprimé sur la vague actuelle de manifestations étudiantes dans l'émission Bonjour chez vous sur Public Sénat. Il a qualifié la mobilisation de « massive », soulignant qu'elle avait débuté dans les villes et établissements scolaires populaires, notamment à Créteil. Selon Coquerel, ces protestations reflètent les profondes inquiétudes des jeunes quant à leur avenir, avec des enjeux comme le système centralisé d'admission dans le supérieur Parcoursup, le manque d'enseignants, les emplois du temps incomplets et des infrastructures scolaires défaillantes au cœur des revendications des étudiants. Coquerel a critiqué la méthode du gouvernement, la qualifiant de « répressive à l'excès ». Il a évoqué de nombreux arrestations et blessés, dont des cas où des étudiants auraient perdu un œil, et dénoncé une réponse policière « disproportionnée ». Il a mis en garde contre le recours à la répression, qui, selon lui, mène généralement à l'échec, et a appelé le ministre de l'Intérieur, Sébastien Lecornu, à « garder la raison ». Il a également reproché au gouvernement l'usage du terme « mandataires » pour évoquer l'influence supposée de l'extrême gauche dans les mobilisations, le qualifiant d'« irresponsable ». Il a noté que les étudiants trouvent cela « drôle » quand on leur dit que La France insoumise serait à l'origine de leur mouvement. Coquerel a réclamé l'abolition de Parcoursup, estimant qu'il exerce une pression excessive sur les étudiants, et a demandé des moyens supplémentaires pour le ministère de l'Éducation nationale. Il s'est opposé à la suppression de postes d'enseignants, insistant sur la nécessité d'un meilleur encadrement dans les établissements. Il a également exprimé des doutes quant à la constitutionnalité du projet de loi « casseurs-payeurs », qui prévoit que les individus impliqués dans des manifestations violentes devront rembourser les dégâts causés. Ce texte doit être examiné au Sénat le 27 octobre. Pour sortir de la crise, Coquerel a exhorté le gouvernement à écouter les étudiants et à leur permettre d'organiser des assemblées générales dans les établissements scolaires. Il a insisté sur l'importance du dialogue et de la prise en compte des revendications étudiantes, plutôt que sur des mesures punitives. Ses propos reflètent la frustration plus large des jeunes et les appels politiques en faveur d'une approche plus inclusive et réactive face aux protestations en cours.