Le 4 octobre, un groupe d’élus, de chefs d’entreprise, de responsables associatifs et de chercheurs a lancé Puissance verte, une nouvelle initiative visant à développer une « écologie de droite » d’ici 2027. Le mouvement se concentre sur des sujets comme l’énergie nucléaire, l’industrie, la production et les grandes entreprises. L’événement s’est tenu à Amboise, dans le département d’Indre-et-Loire, le jour de la fête de saint François d’Assise, patron des animaux, de la nature et des écologistes depuis 1979. Les organisateurs avaient annoncé 800 participants et 350 élus locaux, mais la fréquentation réelle s’est élevée à environ 200 personnes, toutes assises dans un cadre confortable. Le lieu, la Villa Bellagio, était décoré avec des éléments ornés comme des plafonds moulurés, des rideaux violets et des chaises rouges à bordures dorées. Cependant, le site n’était pas accessible en transports en commun, et la plupart des participants sont arrivés en voiture. Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, a mis en avant une « écologie intégrale » centrée sur « l’homme et sa dignité au cœur de la planète ». Cette approche, qualifiée d’anthropocentrique et technologique, privilégie les besoins et le progrès humains plutôt que le climatoscepticisme ou la décroissance. Christophe Béchu, maire d’Angers et ancien ministre de la Transition écologique (2022-2024), était présent, tout comme Jean-Louis Borloo, ancien ministre de l’Écologie (2007-2010), qui devait clore la journée. Parmi les autres participants figuraient Henri Alfandari, Yann Wehrling, Basile Imbert et le président de l’Agence de la transition écologique (Ademe). Une table ronde intitulée « Une ou plusieurs écologies ? » a exploré les différentes approches de l’écologie. L’événement a également inclus un déjeuner composé de poissons locaux de la Loire, d’un gâteau de brochet et de perche, de porc, de tartes au fromage de figue et de saucisses ornées de petits drapeaux tricolores. Ce repas symbolisait une approche écologique qui ne nécessite pas de changement radical du monde, mais se concentre plutôt sur la continuité industrielle, l’énergie nucléaire, la science, la recherche, les entreprises, le développement territorial, la souveraineté et le pouvoir public. Maxime Ainiant, 29 ans et co-président du mouvement, souhaite construire un cadre idéologique clair pour l’écologie de droite, ancré dans le gaullisme, la reconstruction d’après-guerre, la souveraineté et l’ambition de faire de la France « à nouveau une grande puissance écologique ». L’initiative cherche à combler le vide idéologique à droite en vue de la prochaine campagne présidentielle et à élaborer un projet social qui ne repose pas sur la réduction des dépenses publiques ou de l’immigration, mais sur une vision globale de l’avenir. Ferréol Delmas, directeur général du think tank Écologie responsable, a souligné que la droite a cédé le terrain écologique à la gauche depuis vingt ans et qu’il est temps de le reconquérir. Il a reconnu que certains responsables de droite hésitent à s’engager dans les débats écologiques par crainte de donner une tribune à la gauche. Le nom Puissance verte a été choisi pour évoquer la « force », avec la précision qu’ils ne sont « pas Poutine ».