La République centrafricaine tente de réduire son isolement régional en améliorant ses infrastructures, bien qu’elle dépende encore largement de la ville de Douala, au Cameroun, pour son commerce extérieur. Les routes dégradées le long d’axes importants, comme celle reliant Douala à la capitale, Bangui, posent des problèmes aux chaînes d’approvisionnement et limitent l’accès aux marchés. Le 2 octobre, le président Paul Biya a approuvé un prêt de 347,5 millions d’euros de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) afin d’aider à améliorer le corridor Douala-Bangui. Ce prêt représente une étape nécessaire pour financer la partie camerounaise du projet, mais il ne signifie pas que les travaux ont déjà commencé. La Banque mondiale a souligné que les inondations, les fortes pluies et l’érosion endommagent les routes, perturbant le transport et affectant le mouvement des denrées alimentaires. Le projet prévoit notamment la reconstruction de la route Edéa-Yaoundé au Cameroun, la réparation d’environ 80 kilomètres de routes en République centrafricaine, ainsi que des réparations ponctuelles entre les villes de Bossemptélé et Bangui pour maintenir la circulation. Le prêt accordé au Cameroun s’inscrit dans un plan régional plus large de 525 millions de dollars approuvé en juin, dont 90 millions de dollars sont spécifiquement alloués à la République centrafricaine. La République centrafricaine travaille également sur le corridor Pointe-Noire-Brazzaville-Bangui-N’Djamena, soutenu par la Banque africaine de développement (BAD). À la fin du mois d’août, les travaux sur la section Bossarangba-Mbaïki de ce corridor et ses routes associées avaient atteint 98 % d’avancement. Les améliorations dans ce secteur incluent la réparation de 100 kilomètres de routes agricoles pour faciliter le transport des récoltes, la modernisation du port sec de Béloko et la création de nouvelles infrastructures pour la zone économique spéciale de Boali. Cependant, même avec de meilleures routes, les prix des produits importés pourraient ne pas baisser significativement, car les quotas de transport et les paiements informels pourraient encore limiter la concurrence. L’accord pour la République centrafricaine exige une réforme du Fonds d’entretien routier et un engagement de trois ans à maintenir les routes entre Bangui et Bossemptélé avant que certains fonds pour les réparations ne soient débloqués. La Banque mondiale prévoit que le projet devrait officiellement démarrer d’ici la fin novembre 2026, avec pour objectif de réduire le temps de trajet entre Baoro et Bangui de dix à huit heures d’ici juin 2032. Ces améliorations des infrastructures sont considérées comme une étape cruciale pour la République centrafricaine afin d’améliorer sa connectivité avec les pays voisins et de stimuler l’activité économique. Toutefois, le succès de ces projets dépendra non seulement de l’achèvement des routes, mais aussi de la mise en œuvre de politiques garantissant leur entretien à long terme et la réduction des obstacles qui pourraient limiter les bénéfices des réseaux de transport améliorés. Le gouvernement et ses partenaires sont conscients que ces défis doivent être relevés pour que les investissements se traduisent par un développement économique significatif.