La République du Congo a lancé le PC2G-RDC, une campagne nationale de cartographie visant à créer une carte détaillée de son territoire. L’initiative est financée par le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN), créé en 2018 dans le cadre du Code minier du pays. Le FOMIN a été mis en place pour générer une richesse matérielle et financière au profit des générations futures, une fois les ressources minérales épuisées. Ses objectifs incluent le financement de la recherche géologique par le biais du Service géologique national (SGN-C), l’investissement dans le développement durable, la production locale et la diversification économique. Le fonds tire ses ressources d’une partie des redevances minières – initialement fixées à 10 % – ainsi que des rendements de ses investissements. Entre 2018 et 2021, les fonds collectés ont été placés sur un compte bloqué géré par le Cadastre minier (CAMI) jusqu’à la mise en place officielle de la direction du FOMIN. Selon l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-RDC), 68 millions de dollars américains ont été collectés durant cette période, dont 30 millions ont été transférés au FOMIN, tandis que les 38 millions restants n’ont pas été comptabilisés. Le FOMIN n’a pas fourni d’explications détaillées sur ces montants ni sur les raisons de leur transfert. L’institution a commencé à s’organiser en décembre 2021, en nommant ses premiers dirigeants et en mettant en place ses systèmes financiers et ses mécanismes de collecte. En 2023, une réforme a recentré les priorités du FOMIN et renforcé les exigences en matière de transparence. La même année, sa part dans les redevances minières a été réduite de 10 % à 8 %. Une étude du Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL) publiée en 2025 révèle que le FOMIN a collecté 857 millions de dollars entre 2020 et 2025, dont 441 millions ont été alloués à 11 projets et programmes, laissant environ 415 millions de dollars non utilisés durant cette période. Ce montant représente les économies restantes, mais ne constitue pas une déclaration officielle des actifs totaux du fonds. Le premier grand projet du FOMIN porte sur la recherche minérale, incluant le financement d’un programme confié au groupe espagnol Xcalibur Multiphysics Group SL, dont le contrat remonte à 2017. Le rôle du FOMIN dans le financement de ce programme s’est précisé à partir de 2022. En 2025, Faustin Biringanine Mbashamulume, alors directeur général du FOMIN, a indiqué que l’opération représentait un engagement de 60 millions de dollars, dont 24 millions avaient été dépensés. Les travaux initiaux ont consisté à rassembler et analyser des images satellites avant de lancer des levés géophysiques. Le nouveau programme PC2G-RDC s’appuie sur ces efforts, à la suite de la signature en janvier de cette année d’un second contrat avec Xcalibur, d’un montant de 297,87 millions de dollars. Le FOMIN commence également à utiliser ses ressources comme outil d’investissement. En novembre 2024, il a acquis une participation de 30 % dans la société DRC Gold Trading, aux côtés du gouvernement congolais (55 %) et de Gécamines (15 %), après le départ d’un partenaire étranger de ce qui s’appelait alors Primera Gold. Une approche similaire est observée dans le projet ADEX RDC, approuvé par le gouvernement en mai 2026 et formalisé par un accord entre le FOMIN et ADEX Platform AG. La future entreprise sera détenue à parts égales par les deux partenaires et vise à moderniser et à valoriser localement l’industrie du diamant. Malgré son expansion opérationnelle, l’efficacité du FOMIN reste sujette à caution. Selon l’analyse du CREFDL pour la période 2020–2025, les documents budgétaires ne reflètent pas l’ensemble des financements accordés par le FOMIN, et un écart de plus de 431 millions de dollars existe entre les coûts d’investissement déclarés à l’Assemblée nationale et ceux enregistrés dans les états financiers. L’organisation s’interroge également sur l’objectif de certains financements et les conditions dans lesquelles ils ont été décidés. L’ONG congolaise Afrewatch souligne l’absence de règles d’investissement et de procédures formelles jusqu’en 2025, ainsi que le manque d’informations publiques sur les contrats financés, les participations et les états financiers. Ces enjeux soulignent un défi majeur : pour remplir son rôle de fonds d’épargne intergénérationnelle, le FOMIN doit non seulement collecter des ressources, mais aussi veiller à leur préservation et à leur utilisation productive. Afrewatch recommande la publication régulière des revenus, des dépenses et des rapports d’audit, tandis que le CREFDL plaide pour un contrôle parlementaire afin d’évaluer l’impact des investissements sur les communautés locales.