La République du Congo, un producteur pétrolier de longue date, importe encore 40 % de ses carburants et vise à doubler sa production de pétrole brut pour atteindre 500 000 barils par jour d’ici 2030. Pour réduire cette dépendance, le pays mise sur la modernisation de la Raffinerie congolaise (CORAF), seule raffinerie du pays. En 2022, un projet de modernisation de la CORAF a été annoncé, et il vient d’atteindre une étape technique avec le lancement d’une phase d’ingénierie préliminaire, appelée Pre-FEED. Cette étape permettra de définir la conception technique, l’étendue et les exigences du projet avant d’entamer une planification plus détaillée. Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un accord signé en avril 2024 à Bakou, en Azerbaïdjan, entre SOCAR, une compagnie pétrolière nationale, et la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC). SOCAR Downstream, filiale de SOCAR, sera chargée de gérer le projet et de superviser les travaux pour le compte de la SNPC. La SNPC, détenue à 100 % par l’État, est propriétaire de la CORAF, en activité depuis 1982. Il y a quatre ans, la SNPC avait annoncé son intention d’investir dans la modernisation de la CORAF afin de couvrir 85 % des besoins du pays en carburants. Selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI) publié en juillet 2025, la CORAF fournit actuellement en moyenne 60 % de la consommation annuelle de carburants du pays. Le même rapport estime que, entre 2018 et 2023, l’État consacre en moyenne 1,8 % de son produit intérieur brut (PIB) à soutenir la raffinerie. Le FMI a suggéré que le gouvernement réévalue l’importance de la CORAF, compte tenu de son infrastructure vieillissante et de sa capacité limitée, et prépare un plan pour réduire progressivement son soutien financier. Le financement reste un défi majeur, selon Patrice K’Yao, administrateur général adjoint de la CORAF, cité par Argus Media en avril. Maixent Raoul Ominga, directeur général de la SNPC, cherchait déjà des partenaires et un soutien financier dès décembre 2022, comme il l’avait indiqué dans un entretien accordé à La Semaine Africaine. En plus de moderniser la CORAF, la République du Congo construit une deuxième raffinerie à Fouta, près de Pointe-Noire, en partenariat avec l’entreprise chinoise Beijing Fortune Dingheng Investment. Le coût du projet est estimé à environ 600 millions de dollars. Initialement prévu pour être achevé d’ici fin 2025, le délai a été repoussé à 2027, selon des responsables lors du Congo Energy & Investment Forum. Récemment, une délégation de la SNPC, dirigée par Maixent Raoul Ominga, s’est rendue à la raffinerie Dangote de Lagos, au Nigeria, fin juin. Les deux parties ont discuté de la possibilité d’approvisionner le Congo en produits raffinés, comme l’a rapporté Channels TV le 1er juillet. Cependant, aucun accord formel n’a été conclu, selon Agence Ecofin le 2 juillet. Actuellement, la CORAF traite environ 21 000 barils de pétrole brut par jour, selon les données de l’Energy Information Administration (EIA). Cette production est bien en deçà des besoins du pays, ce qui souligne l’urgence des efforts de modernisation et la nécessité de raffineries supplémentaires. La capacité du gouvernement à obtenir des financements et des partenariats sera déterminante pour atteindre son objectif de réduire les importations de carburants et d’augmenter la production pétrolière nationale.