Pierre-Louis Attwell, marin de 30 ans atteint de la maladie de Crohn, prend le départ de la Route du Rhum à bord de son IMOCA RESILIENT, pour défendre la résilience et la vie avec un handicap invisible.
La traversée à la voile de Pierre-Louis Attwell
À 30 ans, le skipper normand Pierre-Louis Attwell prendra le départ dimanche de la Route du Rhum à bord de son Imoca RESILIENT. Un vrai défi pour un homme à qui la maladie de Crohn a été diagnostiquée pendant son adolescence.Souvenirs d'enfance liés à la voile
Pierre-Louis Attwell se souvient de son tout premier contact avec la course au large : le village de la Transat Jacques Vabre. Il a grandi dans le nord de la Normandie et faisait le tour du bassin avec son petit frère, à la recherche d'autographes de marins. Aujourd'hui, c'est lui qui signe des autographes pour les jeunes venus le voir.D'éducateur à marin
Après avoir travaillé comme éducateur sportif et dirigé une école de voile à Honfleur, Attwell a rencontré la navigatrice Claire Pruvot. Elle l'a initié au monde de la course au large, ce qui l'a finalement incité à entreprendre sa propre carrière de navigateur. Le diagnostic de la maladie de Crohn lui a donné l'audace de poursuivre le rêve de son enfance.Vivre avec la maladie de Crohn
Pierre-Louis vit avec la maladie de Crohn depuis l'âge de 15 ans. Cette maladie a changé sa façon de préparer ses courses et de faire face à l'imprévu. Il considère l'imprévisibilité de la maladie comme une ressource, qui l'aide à anticiper et à aborder la vie avec plus de légèreté.RESILIENT et le message qui l'accompagne
Pour les personnes touchées par un handicap invisible, il est important de se fixer des objectifs de vie. Attwell explique que le nom RESILIENT incarne ce message. Il souhaite encourager les personnes atteintes d'un handicap invisible à se fixer des objectifs et à poursuivre leurs rêves, quelle que soit la petitesse des efforts consentis.Passage à un bateau plus grand
Passer d'un Class40 à un bateau IMOCA représente un changement majeur. L'IMOCA est plus grand, plus technique et nécessite une équipe plus importante. Attwell compte désormais sept équipiers, contre seulement deux sur le Class40. Le bateau dispose également de systèmes plus complexes et d'une quille pendulaire.Faire face aux défis d'un bateau plus grand
Attwell reconnaît que le bateau plus grand demande davantage d'efforts et de vigilance. Il insiste sur l'importance de ne pas être dépassé par la machine et de rester toujours en anticipation. En tant que patient, il a l'habitude d'anticiper les difficultés.Objectifs sportifs pour la course
Le bateau d'Attwell date de 2018, ce qui rend difficile une victoire ou un podium. Il vise néanmoins une place parmi les trois premiers des bateaux à quille. Il considère cet objectif comme réaliste pour la Route du Rhum.Modifications en vue du Vendée Globe
Le bateau a bénéficié d'améliorations ergonomiques, mais certains points restent à perfectionner, notamment en ce qui concerne les voiles. Celles-ci sont plus faciles à changer puisqu'elles sont considérées comme des consommables. Attwell réfléchit déjà au prochain Vendée Globe et envisage des modifications allant au-delà de l'ergonomie.Préparation médicale pour la course
Attwell se prépare sur le plan médical, en plus de sa préparation technique et physique. Il utilisera un échographe portable ainsi qu'une vidéocapsule pour surveiller sa maladie de Crohn pendant la course. Ces outils serviront à s'assurer que son état reste stable en mer.Gérer la solitude en mer
Le plus grand défi de la navigation en solitaire est de faire face aux avaries majeures. Le bateau est grand et difficile à manœuvrer, surtout en cas de panne d'énergie. Attwell redouble de vigilance et effectue des contrôles finaux à Saint-Malo.Éviter les erreurs du passé
Attwell a appris lors de ses premières courses qu'un manque de sommeil peut entraîner fatigue et erreurs. Aujourd'hui, il privilégie le repos et s'efforce de prendre le départ de chaque course bien reposé, pour garantir sa sécurité et ses performances.Durée de la course et rythme de sommeil
La Route du Rhum durera entre 12 et 15 jours. Les premiers jours seront cruciaux pour se positionner dans les alizés. Le sommeil sera limité au début, avec de courtes siestes une fois dans l'Atlantique. Au total, il s'attend à dormir entre cinq et sept heures sur 24 heures.Bruits rassurants et inquiétants à bord
Le bruit de la vis du pilote automatique le rassure. Les sons inhabituels l'inquiètent, car ils peuvent signaler un problème. Il connaît bien les bruits normaux du bateau et sait à quoi s'attendre.Porte-bonheur personnel
Attwell emporte une cuillère pour les repas déshydratés, qu'il considère comme son porte-bonheur. Son père la lui a offerte lorsqu'il a commencé la voile, et il l'a utilisée à chaque course depuis.Vérifications avant le départ
Avant de partir, Attwell vérifie que sa playlist est à jour. La musique l'aide à rester motivé, éveillé et détendu pendant la course.Le message derrière le projet
Au-delà de l'aspect sportif, Attwell souhaite que l'on retienne le message d'oser parler de sa maladie, de son handicap ou de ses contraintes. Il croit en l'acceptation de la vulnérabilité et en la nécessité de regarder vers l'avenir.