Le rôle de l'IA en santé sous les projecteurs

Un article récent publié dans Nature Medicine s'interroge sur la question de savoir si l'intelligence artificielle (IA) améliore réellement les soins de santé. Il reconnaît que si certains outils d'IA ont démontré des bénéfices, beaucoup d'applications sont trop récentes ou insuffisamment évaluées pour confirmer leur impact sur la santé des patients. L'article souligne la nécessité de tests et d'évaluations plus rigoureux des systèmes d'IA en milieu médical.

Les multiples applications de l'IA en santé

Selon l'article, l'IA en santé n'est pas une entité homogène. Elle recouvre des applications variées, comme les outils administratifs, l'analyse d'images médicales et l'aide à la décision. L'article compare la remise en question de la contribution de l'IA à la question de savoir si les lasers améliorent la chirurgie, et souligne que l'efficacité dépend d'un usage approprié et de données probantes.

Des outils d'IA validés qui améliorent les soins

Des études ont montré que des outils d'IA validés peuvent améliorer la prise en charge des patients. Un essai randomisé pragmatique par grappes portant sur 60 893 séjours hospitaliers a révélé qu'un système d'alerte précoce fondé sur les observations infirmières réduisait le risque de décès ainsi que la durée de séjour à l'hôpital. D'autres systèmes ont accéléré la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux, réduisant en moyenne de 86,7 minutes le délai entre l'arrivée du patient et l'intervention, et améliorant les taux de reperfusion.

Le cadre réglementaire de l'IA en France et en Europe

En France, l'article L. 4001-3 du Code de la santé publique impose aux professionnels de santé qui utilisent des dispositifs médicaux fondés sur l'IA d'informer les patients et de garantir que le fonctionnement de l'algorithme soit explicable. En Europe, les logiciels d'IA à usage médical peuvent relever à la fois du règlement sur les dispositifs médicaux et de la loi sur l'IA (AI Act), les systèmes à haut risque étant soumis à des obligations spécifiques. Une période transitoire jusqu'en août 2028 est prévue pour les systèmes intégrés à des produits réglementés.

L'IA en cardiologie et en santé publique

En cardiologie, l'IA améliore la détection des symptômes intermittents en analysant les données issues des électrocardiogrammes portables. Cet enjeu est particulièrement pertinent en France, où les maladies cardiovasculaires, neurologiques et vasculaires ont entraîné 1,2 million d'hospitalisations et 140 000 décès en 2022. La loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 vise à élaborer une stratégie nationale de lutte contre ces maladies, en mettant l'accent sur la prévention et les parcours de soins.

Les efforts mondiaux pour intégrer l'IA dans les soins de santé

La Société européenne de cardiologie souligne le potentiel de l'IA pour l'analyse des électrocardiogrammes et la détection des troubles du rythme, et plaide pour la poursuite des recherches. La recherche d'une intégration clinique fiable des outils d'IA a mobilisé l'ensemble du secteur, comme l'illustre la conférence « Redefining Healthcare in the Age of AI » organisée à Paris, qui a réuni plus de 600 participants, dont 28 experts internationaux et deux lauréats du prix Nobel.

Un appel à l'amélioration des outils d'IA et à la transparence

Les acteurs de la santé numérique sont invités à améliorer leurs outils, à documenter leurs performances et à reconnaître leurs limites, l'objectif premier étant d'améliorer la santé des patients et d'accompagner les professionnels. L'article conclut que la question essentielle n'est pas de savoir s'il faut faire confiance à l'IA en général, mais de déterminer, outil par outil et usage par usage, ce qui fonctionne pour les patients.