La France prévoit de réduire de 200 millions d'euros la prise en charge des cures thermales, suscitant des inquiétudes sur les coûts pour les patients et les économies locales.
Le plan de santé modifie le financement des cures thermales
Le gouvernement français prévoit de transférer 200 millions d'euros de financement des soins thermaux de l'assurance maladie obligatoire vers les complémentaires santé privées, comme l'a annoncé la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027.Les critiques dénoncent un arrêt de la prise en charge
Le Conseil national des établissements thermaux (CNETh) soutient que le terme « transfert » masque un arrêt du remboursement des cures thermales, ce qui pourrait laisser des patients sans couverture. Le plan ne précise pas concrètement la manière dont la réforme sera mise en œuvre.Une précédente tentative de réduction de la couverture rejetée
L'an dernier, l'Assemblée nationale a rejeté un amendement qui aurait partiellement réduit la prise en charge des cures thermales, par 167 voix contre et seulement 24 pour. Cela montre que la réduction de cette couverture est un sujet sensible.Les cures thermales ne représentent pas une dépense majeure
Les cures thermales ne représentent que 0,1 % des dépenses globales de l'Assurance maladie, mais environ 500 000 personnes y ont recours chaque année. Ces patients sont souvent des personnes âgées atteintes de maladies chroniques et disposant de revenus limités.Conséquences pour les patients et les assureurs
La réforme pourrait contraindre les patients à payer de leur poche si leur complémentaire santé ne couvre pas la part laissée à leur charge en raison de la baisse du financement public. À l'inverse, si les assureurs privés prennent en charge ces coûts, ils pourraient augmenter leurs cotisations pour l'ensemble de leurs adhérents, accentuant la pression financière sur l'ensemble de la population assurée.Les cures thermales favorisent à la fois la santé et l'emploi local
Les cures thermales offrent un suivi médical encadré et contribuent à prévenir la perte d'autonomie. Elles soutiennent également l'économie locale, puisque 70 % des établissements thermaux se situent dans de petites communes de moins de 5 000 habitants. Le secteur emploie environ 25 000 personnes et s'appuie sur des médecins et des professionnels de santé locaux.Une évaluation scientifique encore en cours
Le gouvernement a saisi la Haute Autorité de santé (HAS) en février 2026 afin d'évaluer l'efficacité médicale des cures thermales. Le CNETh estime qu'il est prématuré de réduire le financement avant de connaître les conclusions de la HAS, qui pourraient influencer le processus décisionnel.Appels à davantage de transparence et de débat
Le CNETh demande au gouvernement de renoncer au transfert et invite les parlementaires à traiter la question lors de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027. Il insiste sur la nécessité de prendre des décisions fondées sur des données médicales et scientifiques, et non sur les seules considérations budgétaires.