La fraude en France a bondi à 2,3 milliards d'euros en 2025, les cartes bancaires et les escroqueries en ligne tirant les pertes à la hausse alors que les criminels exploitent les failles numériques.
La fraude progresse fortement en France
En 2025, des escrocs ont dérobé 2,3 milliards d'euros par le biais des moyens de paiement en France, soit une hausse de 34 % par rapport à 2024, selon l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP). Les cartes de débit représentent 68 % des montants volés, devant les virements et les autres solutions numériques.Répartition de la fraude selon le moyen de paiement
Les pertes liées aux cartes de débit ont atteint 1,56 milliard d'euros, suivies de 480 millions d'euros pour les virements et de 264 millions d'euros pour les portefeuilles électroniques. Les chèques, dont l'usage recule, ne représentent plus que 3 % de la fraude, contre 12 % en 2020.Une fraude fréquente sur les cartes de débit
Les cartes de débit sont les plus ciblées, avec 78 millions de cartes en circulation, ce qui offre de nombreuses cibles. Le commerce en ligne, d'une valeur de 147 milliards d'euros, accroît les risques en raison de l'absence de contact physique, de bases de données vulnérables et de sites Internet frauduleux.Détection de la fraude et pressions juridiques
Il faut en moyenne 4,2 jours pour détecter une fraude à la carte, contre 1,8 jour pour un virement suspect. La fraude impliquant de faux conseillers bancaires a augmenté de 89 %, et touche désormais les virements. La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) exige un remboursement immédiat, ce qui incite les banques à faire preuve de davantage de vigilance.Pertes en hausse et impact sur les victimes
Entre 2023 et 2025, les pertes moyennes par victime ont progressé de 30 %, passant de 980 euros à 1 278 euros. Les seniors, qui représentent 38 % des victimes, subissent des pertes plus élevées, supérieures de 67 % à la moyenne nationale. L'Institut national de la consommation (INC) indique que 22 % des victimes ne récupèrent jamais leur argent.Commerce en ligne et fraudes propres à certains secteurs
Le commerce en ligne est responsable de 41 % de la fraude aux moyens de paiement, avec 943 millions d'euros dérobés. Le secteur du tourisme, en reprise après la pandémie, a subi 216 millions d'euros de fraude, notamment au travers de fausses annonces d'hébergement. Parmi les utilisateurs de plateformes de location, 12 % ont été victimes d'une tentative de fraude.Les coûts cachés de la fraude
La fraude entraîne des coûts cachés, dont 180 millions d'euros de primes annuelles d'assurance contre la fraude. Les recours en justice, souvent infructueux, coûtent 67 millions d'euros en frais divers. Une étude de l'IFOP montre que 58 % des victimes développent une défiance envers les transactions en ligne, réduisant leurs achats de 23 % en moyenne pendant six mois.Projections de fraude pour l'avenir
La Banque de France prévoit une hausse de la fraude comprise entre 18 % et 22 % en 2026, portant le total entre 2,7 et 2,8 milliards d'euros. L'intelligence artificielle, qui facilite la création de deepfakes, pourrait faire progresser les escroqueries de 340 %. Les paiements sans contact, dont le plafond passera à 100 euros, offrent de nouvelles opportunités aux fraudeurs.Mesures de sécurité et confiance du public
Les autorités prévoient de rendre obligatoire une double authentification biométrique pour les transactions supérieures à 150 euros à partir du deuxième trimestre 2026. Le directeur de l'OSMP met en garde : sans protocoles de sécurité et d'authentification renforcés, il faut craindre une crise de confiance. Une éducation financière précoce est jugée essentielle pour prévenir ces fraudes.