Les chèques reculent rapidement en France, mais restent une cible majeure pour la fraude. Le rapport 2025 de la Banque de France montre une baisse de 14 % des paiements par chèque, mais des taux de fraude toujours élevés
Le recul des chèques se poursuit en France
Le 9 septembre, la Banque de France a publié son rapport 2025 de l'Observatoire des paiements, qui montre que l'utilisation du chèque en France a continué de baisser. Les Français ont effectué 674 millions de paiements par chèque en 2025, soit une baisse de 14 % par rapport à l'année précédente. Le chèque représente désormais 1,9 % de l'ensemble des transactions scripturales en nombre, avec une baisse de 16 % en valeur et un recul de 46 % depuis 2020.Le chèque reste une cible privilégiée de la fraude
Malgré ce recul général, le chèque demeure une cible importante de la fraude, représentant 18,5 % de la fraude aux paiements en valeur. Les virements et les cartes sont également souvent visés, avec respectivement 39,1 % et 34,9 %. Le montant de la fraude au chèque a diminué de 16 % en un an, pour s'établir à 229 millions d'euros.Les efforts de prévention contre la fraude portent leurs fruits
L'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), présidé par Denis Beau, premier sous-gouverneur de la Banque de France, indique que 41 % des fraudes sur les dépôts de chèques ont été neutralisées en 2025, ce qui a permis d'éviter 158 millions d'euros de fraude. Une fois ces cas évités déduits, le taux de fraude reste stable à 69 euros pour 100 000 euros.Le chèque reste le moyen de paiement le plus vulnérable
L'OSMP note que le chèque présente le taux de fraude le plus élevé parmi les moyens de paiement, tandis que la fraude à la carte est tombée à 47 euros pour 100 000 euros, son niveau le plus bas jamais enregistré. La fraude à la carte a reculé de 8,6 %, pour s'établir à 475 millions d'euros. Ces progrès sont attribués aux plans d'action mis en œuvre depuis 2021, qui ont également modifié la manière dont la fraude au chèque est mesurée.Les principales méthodes de fraude au chèque
Selon la nouvelle méthode de mesure, les chèques perdus ou volés restent la principale source de fraude, représentant 62 % des montants frauduleux en 2025. La contrefaçon arrive en deuxième position, avec 19 %. L'OSMP met en garde contre la distribution des carnets de chèques, qu'il considère comme une faiblesse majeure, et appelle la profession à renforcer la sécurité postale et à simplifier les procédures de contestation des chèques.Les paiements scripturaux gagnent du terrain
Les paiements scripturaux, qui comprennent les virements et les opérations numériques, continuent de progresser. Leur nombre a augmenté de 5,5 % et leur valeur totale de 4,2 % en 2025. La carte reste le moyen de paiement privilégié, avec 62,7 % des transactions, tandis que les paiements mobiles représentent désormais plus de 19 % des paiements par carte de proximité.La fraude progresse moins vite, mais change de nature
La fraude globale augmente plus lentement que le volume des transactions : son montant annuel s'est accru de 3,8 % pour atteindre 1,241 milliard d'euros. En revanche, le nombre d'opérations frauduleuses a reculé de 7,6 % pour s'établir à 7,2 millions. La fraude par manipulation, où les victimes sont trompées pour valider des opérations, augmente rapidement, atteignant 516 millions d'euros, soit une hausse de 34 %.Le chèque recule dans les paiements à l'État
Le chèque perd également du terrain dans les paiements adressés à l'État. Depuis mars 2026, les entreprises et les professionnels ne peuvent plus régler leurs impôts par chèque. Pour les particuliers, le chèque est encore accepté dans certains cas, mais le paiement électronique est obligatoire au-delà de 300 euros. Le sénateur Serge Mérillou a posé une question concernant la fermeture prévue de deux centres de traitement des chèques d'ici 2027, mais la réponse du gouvernement se fait toujours attendre.Règles pour les commerçants et validité des chèques
Les commerçants peuvent refuser les chèques ou fixer des montants minimums, à condition d'en informer clairement leurs clients, comme le précise le site Service-Public.fr. Un chèque peut être présenté à l'encaissement pendant un an et huit jours à compter de sa date d'émission.