L'utilisation des chèques en France recule à un rythme soutenu : ce mode de paiement ne représente plus que 1,9 % des transactions non cash en 2025, selon Les Échos. Cette chute a conduit le gouvernement à préparer la fin programmée des chèques, d'autant que l'administration fiscale française, la DGFiP, a déjà cessé d'accepter les chèques émis par les entreprises et les professionnels pour le paiement des impôts dès cette année. L'administration fiscale prévoit de fermer son dernier centre dédié au traitement des chèques d'ici l'été prochain et de mettre fin au contrat avec l'entreprise chargée de leur gestion. Les chèques ont pourtant longtemps été un moyen de paiement dominant en France, puisqu'ils représentaient 26 % des paiements non cash en 2006, contre moins de 2 % aujourd'hui. Le volume global des chèques traités a également fortement diminué, avec une baisse de 46 % par rapport à 2020. Les cartes de débit et les virements électroniques ont progressivement pris leur place, et de nombreuses entreprises refusent désormais d'accepter les chèques. Ce déclin pose un problème pratique : le traitement des chèques coûte cher, surtout compte tenu de leur utilisation de plus en plus rare. En 2024, chaque chèque encaissé par la DGFiP a coûté 2,50 euros de frais de traitement à l'administration. Bien que les chèques ne représentent que 5 % des paiements reçus par le fisc, ils génèrent 30 % de ses coûts de traitement. Les banques, quant à elles, supportent des dépenses liées à la fabrication et à la distribution des chéquiers, ainsi qu'à la collecte et au traitement des chèques déposés par leurs clients. La situation devient encore plus complexe pour les entreprises chargées du traitement des chèques. Selon Les Échos, Tessi et Docaposte, les deux principaux acteurs du secteur en France, ont alerté les banques fin 2025 sur le fait que cette activité n'est plus rentable et qu'ils souhaitent y mettre un terme. Les banques, qui ont externalisé cette tâche depuis des années, ne semblent pas enclines à reconstruire leur propre infrastructure de traitement des chèques. Les chèques restent par ailleurs un moyen de paiement vulnérable, avec un taux de fraude atteignant 69 euros pour 100 000 euros de transactions en 2025. La France fait figure d'exception en Europe, puisqu'elle a comptabilisé 88 % des chèques émis dans l'Union européenne en 2025, alors que plusieurs pays ont déjà abandonné ce mode de paiement. Bien que la Banque de France affirme toujours soutenir la liberté de choix des utilisateurs, les banques promeuvent des alternatives comme les virements instantanés ou Wero. Pourtant, le maintien du système des chèques devient de plus en plus difficile à mesure que leur usage diminue et que les acteurs impliqués cherchent à quitter le marché.