La 18ᵉ édition du Festival international de la bande dessinée d’Alger (FIBDA) s’est achevée lundi 5 octobre avec des lauréats venus du monde entier, dont plusieurs auteurs africains. Le concours international, ouvert aux professionnels publiés, a récompensé le premier prix à l’auteur français Émilien Cousin. Le Camerounais Mezensi Nipanko et le Tunisien Ahmed Touj se sont respectivement classés deuxième et troisième avec leurs œuvres Mirage et Rose Blanche. Deux des trois premières places reviennent donc à des auteurs africains. Le festival, qui s’est tenu du 1ᵉʳ au 5 octobre sur l’esplanade du Riadh El Feth, a battu des records de fréquentation et avait pour thème « Bande dessinée : carrefour de l’image et du texte ». Treize pays étaient représentés, dont l’Algérie, la Tunisie, l’Égypte et la République démocratique du Congo, aux côtés de créateurs européens, japonais, américains et palestiniens.
Le commissaire du festival, Salim Brahimi, s’est félicité de la forte affluence et de l’intérêt du public pour la bande dessinée et le manga. La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, avait souligné lors de l’ouverture la présence du festival sur la plateforme de suivi des politiques culturelles de l’UNESCO. À Kinshasa, l’industrie de la bande dessinée fait face à des défis liés au manque de librairies, poussant des auteurs comme Jérémie Nsingi à aller à la rencontre des lecteurs dans les cours d’école. Nsingi, auteur, illustrateur et cinéaste basé à Kinshasa, a expliqué comment le secteur a été fragilisé par des pillages ayant forcé la fermeture de librairies et maisons d’édition. Pour rendre ses albums plus accessibles, il s’est tourné vers l’impression en Chine à partir de 2018, après avoir découvert des possibilités de production de qualité à des prix inférieurs à ceux pratiqués localement. D’autres auteurs congolais ont depuis adopté cette démarche. Nsingi organise également des mini-festivals dans les écoles, pendant les récréations ou en fin de cours, en accord avec les responsables.
Dans son livre Histoire de la bande dessinée congolaise, Christophe Cassiau-Haurie situe l’apparition des bandes dessinées dans la presse du pays dès 1921, sous une forte influence française et belge. Nsingi cite Barly Baruti et Bernard Mayo parmi ses références, tout en revendiquant une identité graphique personnelle et des personnages plus réalistes. Il a présenté un aperçu de son prochain album, encore inédit, qui imagine le chanteur Gims en super-héros. L’auteur affirme vouloir s’appuyer sur la notoriété de l’artiste pour évoquer les réalités de la RDC, plutôt que de signer une biographie. Une publication est prévue d’abord à Kinshasa, puis en France et en Belgique, sans calendrier précis annoncé.
Parmi les autres distinctions du FIBDA 2026 figuraient des prix dans la catégorie « Meilleur projet », réservée aux auteurs algériens de plus de 16 ans, avec Slimane Ouchen (Fatma N’Summer), Sabrine Imène Mekali (Ultima Beyond the Stars) et Melissa Bounouniche (Beyond the Tide) primés. Chez les moins de 16 ans, Anya Saci et Ryad Boutmeur ont été récompensés. Le concours de manga organisé par l’ambassade du Japon a honoré Ziad Adlane, Fella Maya et Meziane Mohamed. Le jury du concours de cosplay était présidé par l’illustratrice américaine Alitha Martinez. Un hommage a été rendu au dessinateur Tayeb Arab, décédé en décembre 2025.
Le témoignage de Nsingi rejoint les difficultés régulièrement documentées par Afrik.com. En 2010, Christophe Cassiau-Haurie soulignait le manque de visibilité des bandes dessinées africaines, malgré la présence de nombreux créateurs. L’association Afro-Bulles, officiellement lancée en 2002 autour d’Alix Fuilu, visait à promouvoir la publication de bandes dessinées africaines. Chaos debout à Kinshasa, de Barly Baruti et Thierry Bellefroid, revisite le contexte du combat Ali-Foreman de 1974. Le Mystère de la Terre violette adapte le roman de l’écrivain congolais Tima Ouamba, que l’auteur avait présenté à Afrik.com à Brazzaville en 2015.
Les auteurs africains dominent le Festival international de la bande dessinée d'Alger alors que l'événement établit des records d'affluence
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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