Le projet d’oléoduc Hy-fen, élément clé du corridor de transport d’hydrogène H2Med, entre dans une phase de consultation publique alors qu’il prend forme. Cet oléoduc proposé vise à traverser la France du nord au sud, acheminant de l’hydrogène sans carbone produit dans la péninsule Ibérique vers les industries énergivores d’Europe du Nord. Ce projet s’inscrit dans la volonté de favoriser la transition vers des sources d’énergie plus propres en fournissant de l’hydrogène, un carburant qui n’émet pas de CO₂ lors de son utilisation, à des régions fortement dépendantes de l’activité industrielle. L’oléoduc Hy-fen, porté par Natran, s’étendrait sur 820 kilomètres à travers la France. En tant que composante centrale de l’initiative H2Med, il devrait transporter 2 millions de tonnes d’hydrogène par an depuis le sud de la France vers l’Allemagne. Avant d’être achevé, Natran doit finaliser le tracé de l’oléoduc, qui ne dépassera pas une dizaine de mètres de large. Ce processus implique d’évaluer diverses contraintes, notamment les régions traversées et d’autres grands projets potentiellement prévus dans les mêmes zones. Actuellement, la phase de consultation publique est en cours, impliquant 512 communes françaises. Cette consultation doit s’achever le 20 décembre 2026. Une fois le tracé validé, les travaux devraient commencer vers 2030. L’oléoduc partirait de Fos-sur-Mer pour rejoindre la frontière allemande, en traversant plusieurs régions françaises, dont la PACA, l’Occitanie, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est. Le projet H2Med comprend plusieurs interconnexions pour faciliter le transport d’hydrogène produit en Espagne et au Portugal vers les centres industriels d’Europe du Nord. L’objectif est de livrer 2 millions de tonnes d’hydrogène par an, ce qui représenterait environ 10 % de la demande européenne estimée. D’autres volets du projet incluent l’initiative BarMar, qui vise à relier Barcelone à Marseille. Dans cette dynamique, la France joue un rôle central, non seulement pour le transport d’hydrogène, mais aussi potentiellement pour son utilisation dans des secteurs comme la sidérurgie, la chimie ou la production de carburants de synthèse, notamment dans le nord du pays.