La mort de Rémi Fraisse en 2014 a suscité un militantisme environnemental, mais les violences d'État se sont depuis aggravées, blessant et tuant des manifestants dans toute la France.
La mort de Rémi Fraisse en 2014
Rémi Fraisse, étudiant en botanique de 21 ans et manifestant pacifique, a été tué à Sivens, dans le Tarn, en 2014, lors d'une manifestation contre un projet de barrage destiné à irriguer des terres agricoles. Sa mort a conduit à la suspension du barrage, ensuite déclaré illégal par les tribunaux, et reste un traumatisme important pour les militants écologistes.Cause de la mort de Rémi Fraisse
Rémi Fraisse a été tué par un gendarme qui a lancé une grenade dans l'obscurité, la frappant dans le dos. Cet événement a marqué un tournant dans la militarisation du maintien de l'ordre, une tendance qui n'a cessé de s'accentuer au fil des années.Violences récentes lors de mouvements sociaux
En octobre 2026, deux personnes supplémentaires sont mortes lors d'un mouvement social, et les circonstances exactes font toujours l'objet d'une enquête. Les mesures de sécurité et les armes utilisées cette nuit-là sont examinées, car plusieurs personnes ont subi de graves blessures, notamment la perte de doigts, d'yeux et de membres.Impact des armes de guerre
En Guadeloupe, un jeune homme a été plongé dans le coma après avoir été percuté par un véhicule de la gendarmerie. Des grenades comme la GM2L, connues pour causer de graves blessures, ont été utilisées lors de manifestations à Sainte-Soline en 2023. Des grenades lacrymogènes ont également causé des décès, comme celui de Zineb Redouane en 2018.Évolution du discours et des tactiques
Des responsables politiques ont employé des termes comme « ultragauche » et « écoterrorisme » pour désigner les militants écologistes, associant ces étiquettes à des méthodes déshumanisantes inspirées des pratiques militaires coloniales. Le mouvement des Gilets jaunes a marqué un changement significatif dans l'ampleur de cette répression, avec plus de 2 500 blessés recensés à l'époque.Réactions politiques et médiatiques
Le fondateur de Reporterre, Hervé Kempf, a qualifié la mort de Rémi Fraisse de crime commis par le gouvernement socialiste de François Hollande. Raphaël Glucksmann, figure politique liée à la social-démocratie, a par la suite exprimé son soutien à toute mesure permettant de rétablir l'ordre public dans les limites constitutionnelles.Implication de l'extrême droite et inaction policière
À Sivens, des groupes d'extrême droite ont soutenu le projet de barrage et harcelé les militants. Les gendarmes locaux ont soit ignoré ces groupes, soit facilité leur action, leur permettant de menacer des journalistes. Récemment, la police à Lyon et à Toulouse a fait preuve de passivité, laissant des milices d'extrême droite agir sans conséquence.Hausse des arrestations de mineurs et violences contre les journalistes
Un nombre sans précédent d'enfants ont été arrêtés et condamnés en peu de temps. Les journalistes ont été à la fois témoins et victimes des violences policières, avec une douzaine de blessés le 17 octobre seulement. Ahmed B., photographe basé à Paris, a échappé de peu à la mort après qu'une grenade lui a sectionné une artère.