Les Californiens voteront sur un impôt unique sur les milliardaires, face à l'opposition des géants de la tech et à des propositions concurrentes qui pourraient bloquer son adoption.
Le scrutin californien comprend une proposition de taxe sur les milliardaires
Le 3 novembre, les Californiens voteront sur la proposition 40, qui prévoit une taxe unique de 5 % sur les actifs des milliardaires dont la fortune nette dépasse un milliard de dollars. Cet impôt concernerait environ 200 résidents de Californie et viserait des actifs tels que les actions, les participations dans des entreprises et les placements financiers, et pas seulement les revenus.Une taxe qui diffère des propositions européennes similaires
Contrairement à la « taxe Zucman » en France, qui impose un prélèvement annuel minimum, la taxe californienne serait perçue une seule fois, bien que les contribuables puissent étaler le paiement sur cinq ans, moyennant un coût supplémentaire. Cette taxe s'appliquerait également aux personnes qui résidaient en Californie le 1er janvier 2026, même si elles ont depuis quitté l'État.Plusieurs milliardaires ont déménagé pour éviter la taxe
Plusieurs milliardaires, dont les cofondateurs de Google Larry Page et Sergey Brin, le cofondateur de PayPal Peter Thiel et le cofondateur d'Uber Travis Kalanick, ont déménagé dans d'autres États pour éviter la taxe. La proposition 40 est soutenue par le syndicat des employés des services (SEIU-UHW) et par le sénateur démocrate Bernie Sanders, qui espèrent collecter environ 100 milliards de dollars sur cinq ans pour compenser les coupes budgétaires dans le secteur de la santé.Des propositions concurrentes pourraient neutraliser la taxe
Le résultat du vote pourrait ne pas être déterminant, car deux autres propositions, les 41 et 42, figureront sur le bulletin le même jour. Financées par de grandes fortunes, dont Sergey Brin, elles visent à empêcher la mise en œuvre de la taxe. Si l'une de ces propositions recueille davantage de voix favorables que la proposition 40, la taxe pourrait être neutralisée, même si une majorité de Californiens y est favorable.Le gouverneur s'oppose à la taxe et soutient une proposition alternative
Le gouverneur Gavin Newsom s'oppose à la taxe, craignant qu'elle ne pousse les milliardaires à quitter l'État et ne réduise les recettes fiscales. Il soutient la proposition 42, qui interdirait de manière générale les nouveaux impôts sur la fortune. Mark Zuckerberg, dont la fortune est estimée à 247 milliards de dollars par Bloomberg, envisageait initialement de quitter la Californie pour échapper à la taxe.Zuckerberg négocie un compromis pour rester en Californie
Il a toutefois changé d'avis, et son entreprise, Meta, a négocié un compromis pour le retenir. Selon un document déposé auprès de la SEC, Zuckerberg a dû faire d'importantes concessions à un comité spécial du conseil d'administration afin de créer une nouvelle catégorie d'actions sans droit de vote. Cela lui permettrait de monétiser une partie de sa fortune sans perdre le contrôle de l'entreprise.Zuckerberg conserve le contrôle tout en s'engageant à rester en Californie
Zuckerberg contrôle actuellement environ 61 % des droits de vote de Meta grâce à des actions à droit de vote renforcé, alors qu'il ne possède que 13 % du capital de l'entreprise. Le nouveau mécanisme lui permettrait de vendre progressivement jusqu'à la moitié de sa participation sans perdre le contrôle. Pour créer cette nouvelle catégorie d'actions, Meta procédera à une division de ses actions par deux pour les actionnaires existants.Meta cherche à financer son développement dans l'intelligence artificielle
Les nouvelles actions sans droit de vote devraient commencer à être négociées en janvier. En contrepartie de ces concessions, Zuckerberg s'est engagé à rester domicilié en Californie pendant huit ans, mais cet engagement comporte une clause lui permettant de déménager en cas de circonstances imprévues. La décision de Meta de retenir Zuckerberg est également motivée par le besoin de financements importants pour ses ambitions dans l'intelligence artificielle.Les investisseurs s'interrogent sur les dépenses de Meta en IA
L'entreprise prévoit de devoir réunir plusieurs centaines de milliards de dollars de financements dans les années à venir. La création de nouvelles actions sans droit de vote pourrait permettre à Meta de lever des capitaux sans diluer le contrôle de son fondateur. Toutefois, les investisseurs ont exprimé des doutes sur les récentes dépenses de l'entreprise dans l'IA, qui ont entraîné de fortes sanctions boursières.Le soutien à la proposition de taxe recule
Les sondages récents montrent que les partisans de la proposition 40 perdent du terrain : un sondage Politico daté du 19 octobre indique que 46 % des électeurs comptent voter oui, contre 43 % qui comptent voter non. Tous les milliardaires de la Silicon Valley ne s'opposent cependant pas à la taxe. Jensen Huang, le patron de Nvidia, dont la fortune frôle les 185 milliards de dollars, a récemment déclaré sur CBS qu'il considérerait comme un « privilège » de payer cette taxe.Seuls deux milliardaires en Californie dépassent 100 milliards de dollars
Cette position contraste avec celle d'autres grandes figures du secteur technologique. En Californie, seuls deux patrons du secteur dont la fortune dépasse 100 milliards de dollars résident actuellement dans l'État : Jensen Huang et Mark Zuckerberg.