Découverte d'un ancien site de crémation à Bure

Des archéologues de Bure, dans le département de la Meuse, ont mis au jour un bûcher funéraire vieux de près de 2 000 ans. La découverte a été faite lors d'une fouille liée à Cigéo, un projet français de stockage géologique profond de déchets radioactifs.

Une aire de crémation de l'époque romaine

Le site remonte au Ier siècle de notre ère, à l'époque romaine en Gaule. Il fait partie d'une petite aire de crémation comprenant cinq structures funéraires, sur les dix mises au jour lors de la fouille.

Des structures aux particularités uniques

Les structures présentent des formes différentes. L'une est une fosse-bûcher, élément principal du site, recouverte de charbon de bois. Deux autres ressemblent à des fosses rondes et profondes, utilisées peut-être pour marquer certains emplacements, tandis que les deux dernières sont des fosses peu profondes remplies de vestiges de bûcher, notamment du charbon de bois, de la céramique et des pierres.

Détails de la fosse-bûcher

Une fosse-bûcher désigne un trou creusé dans le sol, souvent de forme rectangulaire, dans lequel un corps était brûlé. À Bure, les parois et le fond de la fosse sont recouverts d'une couche de charbon de bois noir. Au-dessus, les fouilleurs ont trouvé un limon brun mêlé d'éclats de calcaire, riche en objets.

Le contexte de l'époque romaine

Le Ier siècle de notre ère marque la période où la Gaule devient romaine, à la suite de la conquête menée par Jules César entre 58 et 51 avant notre ère. Les pratiques de crémation et la richesse du mobilier funéraire sont bien connues pour cette période dans la région de la Meuse, mais il est rare de retrouver l'emplacement exact où un corps a été brûlé.

Une étude scientifique en cours

L'étude du site se poursuit. L'âge et le sexe du défunt, ainsi que la nature précise des objets découverts, n'ont pas encore été publiés. Magalie Cavé, directrice scientifique à l'Inrap, dirige les recherches.

Collaboration et perspectives

La fouille relève de l'archéologie préventive, menée par l'Inrap sous le contrôle du Service régional de l'archéologie de la Drac Grand Est. Les résultats pourraient éclairer le type de bois brûlé, la datation des céramiques et l'organisation du feu, mais ces éléments restent à confirmer.