Mission officiellement terminée

La NASA a officiellement mis fin à la mission du télescope spatial Swift après plus de 21 ans de service. Le télescope va bientôt se désintégrer dans l'atmosphère, en laissant derrière lui un immense héritage scientifique.

Traînée atmosphérique et activité solaire

Tous les satellites en orbite basse subissent la traînée atmosphérique, un phénomène aggravé par l'activité solaire récente, qui a progressivement fait perdre de l'altitude à Swift. Bien que sa fin fût inévitable, la NASA a lancé une mission sans précédent pour le sauver, en partenariat avec la start-up Katalyst.

Dernières observations et mode de sécurité

Cet effort a toutefois échoué, ce qui a permis au télescope de poursuivre ses observations avant sa destruction. Swift est en mode veille, ce qui lui permet de pointer ses instruments vers des centaines de cibles, des vestiges d'explosions stellaires aux trous noirs géants de galaxies lointaines, ainsi que vers des comètes de notre Système solaire.

Fin de la capacité d'observation

Mais le 20 octobre, le télescope est descendu à une altitude de 275 kilomètres. À cette hauteur, l'air restant le ralentit trop pour qu'il puisse maintenir ses instruments pointés sur une cible. L'appareil ne peut tout simplement plus observer l'univers : il est passé en mode de sécurité le même jour, c'est-à-dire un état de veille qui protège le satellite lorsqu'il ne peut plus fonctionner normalement.

Dernière commande avant la rentrée

L'équipe chargée des opérations, à la Pennsylvania State University, lui a donc envoyé une dernière commande pour mettre fin à son activité et le préparer à sa rentrée dans l'atmosphère, qui devrait se produire dans quelques semaines.

Le but initial de Swift

Lancé le 20 novembre 2004, Swift a été conçu pour repérer les explosions les plus puissantes de l'univers. Comme l'explique S. Bradley Cenko, le chercheur principal de la mission, il devait « détecter et localiser les sursauts gamma », puis transmettre leurs positions à d'autres télescopes afin qu'ils les photographient avant que leur lumière ne s'éteigne.

Un succès précoce et un impact scientifique

Cette réactivité a porté ses fruits dès mai 2005, lorsque Swift s'est tourné vers un sursaut qui n'a duré que 0,03 seconde ; il a alors capté 11 photons X de sa lumière résiduelle, une première pour une explosion aussi brève. Ce résultat a confirmé que ces flashs proviennent probablement de la fusion de deux étoiles à neutrons, des corps célestes aussi lourds que le Soleil mais beaucoup plus petits.

Les réalisations scientifiques de Swift

Au fil des années, le télescope a détecté plus de 2 000 sursauts gamma et observé plus de 1 400 supernovas. Il a également vu des étoiles déchirées par des trous noirs et réalisé un relevé complet du ciel en rayons X. Ses données ont alimenté environ 7 000 publications scientifiques.

Héritage et usage futur

Ces 22 années de mesures forment une archive publique d'environ 12 téraoctets, comprenant plus de 1,5 million d'images en lumière visible et ultraviolette, soit l'équivalent de 600 films en haute définition. Une base de données qui devrait nourrir des découvertes pendant des décennies. La NASA explore d'ailleurs déjà les moyens de retrouver cette réactivité grâce à ses télescopes existants et à de nouvelles missions.