Le conseil de Strasbourg réorganise les fonctions exécutives

Le conseil municipal de Strasbourg, lundi 2 novembre, a débattu de la réorganisation de son exécutif après le départ de Pernelle Richardot, élue sénatrice. Catherine Trautmann a proposé de supprimer son poste et de réduire à 19 le nombre d'adjoints au maire, en répartissant les responsabilités entre les élus en place.

Nouvelles attributions confiées aux adjoints

Mathieu Cahn a repris les compétences liées à l'attractivité et au rayonnement de la ville, Paul Meyer a pris en charge le commerce et l'artisanat, et Émilien Keller s'est vu confier les quartiers de Neuhof, Ganzau et Stockfeld. Cette réorganisation a été critiquée par Germain Mignot (PCF), qui a qualifié la décision de tardive et s'est interrogé sur la concentration des responsabilités entre quelques adjoints.

Débat sur la charge de travail des adjoints

Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) a soutenu que le commerce et l'artisanat nécessitaient un adjoint à plein temps, en citant la charge de travail de Paul Meyer. Dans la majorité, Pierre Jakubowicz (Horizons) a défendu la réorganisation, mettant en avant la solidité du leadership politique et la compétence des élus. Catherine Trautmann a défendu sa décision, affirmant qu'elle visait à déléguer les responsabilités plutôt qu'à les reléguer.

Discussion sur la campagne politique visant une femme voilée

Le débat s'est ensuite orienté vers le départ de Pernelle Richardot, Florian Kobryn accusant la majorité de ne pas avoir condamné la campagne politique menée contre une personne portant le voile. Rebecca Breitman (centriste) et d'autres membres de la majorité ont dénoncé ces accusations, qu'ils ont jugées islamophobes et insultantes envers les élus.

Réponse aux accusations d'islamophobie

Florian Kobryn a demandé un second temps de parole pour défendre le terme « islamophobe », en demandant comment qualifier une campagne politique visant une personne voilée. Jeanne Barseghian (Les Écologistes) s'est dite choquée que la majorité n'ait pas condamné les propos visant la Strasbourgeoise dans cette campagne. Catherine Trautmann a répondu qu'elle ne reviendrait pas sur cette campagne et a réaffirmé son engagement en faveur de lieux de culte dignes pour les musulmans.

Réforme proposée du stationnement payant sur voirie

Le conseil a ensuite examiné la seconde partie de la réforme du stationnement payant sur voirie, proposée par Landry Augier de Lajallet. La réforme prévoit une première demi-heure gratuite pour chaque véhicule, une fois par jour, quelle que soit la zone, la durée maximale de stationnement restant inchangée.

Impact financier et critiques de la réforme du stationnement

La majorité entend simplifier les grilles tarifaires et baisser les prix pour les durées allant jusqu'à 1h30. Environ quarante nouvelles places de stationnement violettes seraient créées autour de la Grande Île. La réforme, qui doit entrer en vigueur le 4 janvier 2027, priverait la collectivité d'environ 500 000 euros de recettes par an, s'ajoutant à une baisse antérieure des abonnements mensuels. Jeanne Barseghian a critiqué cette mesure, en citant la récente canicule et la hausse de la mortalité, et a remis en question la cohérence des arguments financiers de la majorité.

Avis divergents sur la réforme du stationnement

Florian Kobryn (LFI) a qualifié la mesure d'archaïque, tandis que Mohamed Siaaliti (droite) a salué la facilitation des arrêts courts, tout en estimant qu'elle ne répondait pas suffisamment aux besoins du commerce.

Le conseil débat des subventions à FestiGays

Le conseil a également abordé les subventions attribuées à FestiGays, l'association qui organise la Marche des visibilités, à la suite d'un appel intercollectifs demandant la démission du conseil d'administration en raison de signalements de racisme et de dysfonctionnements internes. Mathieu Cahn, premier adjoint socialiste, a demandé des éléments factuels plutôt qu'une intervention du conseil, tandis que Catherine Trautmann s'est dite prête à enquêter si des faits étaient établis.

Signalement de faits présumés de mauvaise conduite chez FestiGays

Florian Kobryn a indiqué avoir déjà effectué un signalement au titre de l'article 40 du Code de procédure pénale.

Questions restées sans réponse sur l'hébergement d'urgence

Des questions sans réponse ont été soulevées concernant les places d'hébergement d'urgence prévues dans le cadre du Contrat territorial d'accueil et d'intégration. Floriane Varieras et Halima Meneceur ont interrogé la localisation et l'accompagnement social des 300 places d'hébergement, ainsi que les solutions pour le camp de la Krimmeri.

Subventions aux écoles privées sous surveillance

Le conseil a également réexaminé les subventions aux écoles privées. Florian Kobryn a critiqué ce financement alors que la ville faisait face à des difficultés budgétaires. Céline Geissmann, adjointe chargée des écoles, a expliqué que la participation de la ville au financement des écoles privées était imposée par la loi, mais qu'elle conservait un pouvoir de décision sur les aides facultatives.

Motion contre le racisme et la haine religieuse

Une motion contre le racisme et la haine religieuse, présentée par Étienne Loos et Marie-Noëlle Gandzion, a suscité le débat. Halima Meneceur (LFI) a critiqué ce texte pour ne pas nommer explicitement « islamophobie et négrophobie », tandis que Catherine Trautmann a préféré l'expression « haine antimusulmane », estimant que le terme « islamophobie » entretient la confusion entre la peur de l'islam et la haine des personnes musulmanes.

Abstention des Écologistes, opposition des élus insoumis

Les Écologistes n'ont pas pris part au vote, et les élus insoumis ont voté contre la motion.