Irène Weiss, membre du Conseil eurométropolitain de Strasbourg et du groupe « Union du centre, de la droite et de la société civile », a décidé de saisir le tribunal administratif après le rejet de sa motion par l’assemblée. Cette motion, intitulée « Motion en soutien aux forces de l’ordre, aux pompiers, aux personnels de l’Éducation nationale et aux agents de la CTS victimes de violences liées aux blocages de lycées », visait à évaluer les dégâts causés au réseau de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) par les mouvements de protestation lycéens. Elle proposait également d’envisager la suspension des transports gratuits pour les mineurs condamnés pour dégradations du réseau, ainsi que de condamner les violences urbaines et de soutenir les agents ou les personnes agressées par des lycéens ou des émeutiers. La motion s’appuyait sur des rapports des services de l’État évoquant l’implication de « mouvements d’extrême gauche » et de groupes proches de La France insoumise dans l’organisation des violences.
Catherine Trautmann, présidente du Conseil eurométropolitain et maire de Strasbourg, a rejeté cette motion au motif qu’elle dépassait le cadre des compétences de l’institution. Dans un courrier adressé au groupe d’Irène Weiss, elle a indiqué que la motion ne serait ni discutée ni soumise au vote. Weiss conteste cette décision, estimant que Trautmann aurait pu exprimer son désaccord par un vote plutôt que par un rejet pur et simple. Pour elle, le sujet relève directement des responsabilités de la métropole et aurait dû faire l’objet d’un débat.
Le désaccord dépasse cependant le contenu même de la motion. Après des échanges tendus entre les responsables de groupe, Trautmann avait proposé que la motion soit mise au vote en début de séance, sans explication préalable ni lecture. La majorité des élus s’y est opposée. Jean-Philippe Vetter, président du même groupe qu’Irène Weiss, a critiqué cette méthode, y voyant une tentative de masquer les divisions internes à la majorité. Il a souligné que celle-ci compte de nombreux élus et maires de droite et du centre, qui auraient pu avoir du mal à voter contre un texte condamnant les violences et soutenant les agents publics.
Certains élus, dont Florian Kobryn de La France insoumise, ont malgré tout plaidé pour que la motion soit discutée, même s’ils en rejetaient le fond. Irène Weiss considère le refus de Trautmann comme un précédent inquiétant et refuse que cette méthode de censure des débats devienne la norme. Cette contestation intervient quelques jours après l’adoption, le 28 septembre, de nouveaux règlements intérieurs par le conseil municipal de Strasbourg. Les trois groupes d’opposition avaient quitté la séance après le rejet de leurs propositions visant à réviser ces règles, leur reprochant de limiter leur capacité à s’exprimer et à proposer de nouvelles idées – notamment la suppression des résolutions et un contrôle accru des textes complémentaires et des questions d’actualité. La majorité de Trautmann justifie ces changements par la volonté de rendre les débats plus efficaces et de mieux préparer les délibérations en commission. Des réformes similaires sont à l’étude au Conseil eurométropolitain, qui envisage d’instaurer des limites plus strictes sur le temps de parole et les textes déposés, ainsi que de rétablir une commission permanente fermée où certains dossiers pourraient être examinés sans débat public.
Le Conseil de l'Eurométropole de Strasbourg en débat sur une motion concernant les blocages d'écoles
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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