Les extensions modernes du port de Rotterdam ont mis au jour les secrets anciens de Doggerland, une terre immergée autrefois habitée par les Néandertaliens et les chasseurs mésolithiques.
Un ancien territoire refait surface dans un port moderne
Là où des porte-conteneurs circulent aujourd'hui entre les terminaux de Rotterdam, des Néandertaliens et les premiers humains ont autrefois vécu. La construction de Maasvlakte 2, une extension du port gagnée sur la mer du Nord, a permis de découvrir par hasard les vestiges d'une terre disparue, appelée Doggerland, submergée il y a des milliers d'années.Le passé écologique du Doggerland dévoilé
Une étude publiée dans PNAS par des chercheurs, dont Robin Allaby de l'université de Warwick, a permis de reconstituer l'histoire écologique du Doggerland. En analysant l'ADN ancien présent dans des échantillons de sédiments, ils ont constaté que la zone était une plaine boisée peuplée de chênes, d'ormes et de noisetiers, et non une toundra stérile, et qu'elle a accueilli une présence humaine pendant plus de 16 000 ans.Les travaux ont mis au jour des artefacts préhistoriques
L'agrandissement du port de Rotterdam, réalisé entre 2008 et 2013, a impliqué le dragage de sable dans le chenal de l'Eurogeul. Ce processus a permis de mettre au jour plus de 800 artefacts paléolithiques et près de 2 000 pointes mésolithiques, dont le crâne de Krijn, le premier Néandertalien identifié aux Pays-Bas, découvert en 2001.Des plages artificielles transformées en musées à ciel ouvert
Les plages artificielles créées dans le cadre du projet Maasvlakte 2 sont devenues, sans l'avoir voulu, des sites archéologiques. Des sédiments du Pléistocène supérieur, contenant des restes de mammifères, des os d'oiseaux et des mollusques, ont été analysés dans une étude de 2015. Ces découvertes offrent un aperçu de l'écosystème qui prospérait autrefois sur le Doggerland.Amateurs et experts lèvent le voile sur l'histoire
Les dragues mélangent le sable à des artefacts préhistoriques, qui sont ensuite déposés sur les plages artificielles. Les passionnés et les collectionneurs amateurs trouvent souvent ces objets, tels que des pointes barbelées et des outils en pierre, et les signalent à des spécialistes comme Luc Amkreutz, qui en vérifient l'authenticité et les étudient.Des indices fossilisés d'une époque révolue
Parmi les découvertes figure un fragment de mandibule de daim portant une esquille de silex, témoignage d'un coup porté par un chasseur mésolithique. La trouvaille la plus remarquable reste toutefois le crâne néandertalien de Krijn. Une exposition intitulée Doggerland, présentée au centre d'accueil FutureLand, expose désormais une reconstitution du visage de cet ancien individu, mettant en lumière le lien surprenant entre un projet portuaire moderne et un monde englouti par la mer.